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- Les Émissions les plus téléchargées -

1 Michel Zink : Roman et poésie au Moyen Age, la foi et le Graal

Michel Zink, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, professeur au Collège de France, évoque dans cette émission deux de ses ouvrages :

- Déodat ou la transparence : Un roman du Graal où il raconte l'histoire d'un anti-chevalier.

Peut-on mourir d'une blessure en rêve ? Ou peut-on mourir d'être transparent au regard des autres, de ne pas exister à leurs yeux ? Le jeune Déodat veut percer le mystère qui entoure la mort de son frère Cahus. Mais à la cour du roi Arthur, nul ne prend garde à lui. Cahus et lui ne sont rien pour personne. Tous sont occupés d'un mystère autrement prestigieux, celui du Graal. L'errance à travers la forêt, les rencontres, les terreurs font franchir à Déodat d'invisibles frontières. Son chemin croise celui d'Yvain, de Perceval, de Gallaad, de chevaliers et d'ermites qu'il suit ou qu'il fuit. Il saura la vérité sur la mort de son frère et sur un secret familial qu'il ne soupçonnait pas. Il découvrira qu'on ne meurt pas de la transparence, mais qu'on en vit.

- Poésie et conversion au Moyen Âge où Michel Zink démontre que le poète, d'abord associé au païen, réussit peu à peu à servir la foi chrétienne. A travers les écrits de Bède le Vénérable, Gautier de Coincy ou Bernard d'Angers, Michel Zink replace la poésie dans le Moyen Age chrétien.

Le Moyen Âge associe la poésie au paganisme antique. Il la juge doublement mensongère, parce que son objet est la fable…

2 Je ne vous souhaite pas mes meilleurs vœux !

Ne m’en veuillez pas si je ne vous souhaite ni mes bons vœux, ni tous mes vœux, ni les meilleurs, ni des vœux de santé, prospérité, bonheur ... Bref, je ne vous souhaite aucun vœu. Ou plutôt si, je vous en souhaite, je vous souhaite des vœux. J’entends par là que je vous souhaite d’en recevoir, de ranger sur votre cheminée des dizaines de cartes illustrées portant des « Bonne année ! », « Happy new year ! », « Ein gutes neues Jahr ! », « Migliori auguri ! »



« Souhaiter des vœux », c’est désirer d’en recevoir. En « souhaiter » aux autres, c’est désirer qu’ils en reçoivent. Mais si je veux dire à quelqu’un, en ce mois où l’usage est d’exprimer de la bienveillance, que je souhaite qu’il traverse heureux les douze mois qui commencent, je dirai à cette personne que je lui présente mes vœux, que je lui offre mes vœux, que je fais, que je forme des vœux pour elle, et non que je lui souhaite tous mes vœux.



Je vous en présente, je vous en offre, j’en fais, j’en forme pour vous avec ferveur. Je vous en souhaite aussi, bien sûr, mais cela ne veut pas dire la même chose.



Nous pourrions, entre nous, échanger le souhait d’entendre et de lire un peu moins d’énormités. De ne pas lire, par exemple, « féérie » (avec deux accents, comme si on prononçait fé-é-rie) sur…

3 Les pathologies politiques françaises

Certes il y a la crise économique, les contraintes de la mondialisation, la propension des élites à l’endogamie ou encore des dysfonctionnements institutionnels… Mais, pour Alain Duhamel, la crise de défiance des Français à l’égard de la politique ne saurait résulter de ces seuls facteurs. Pour en expliquer l’ampleur, il faut aussi convoquer un autre élément, souvent passé sous silence : le singulier tempérament politique des Français, marqué par les “pathologies” que sont, notamment, “l’inconstance, le déclinisme, l’égalitarisme, le nationalisme, le conservatisme, l’extrémisme et l’intellectualisme”. Un diagnostic qui, loin de tout réquisitoire, fait le pari que les Français peuvent surmonter cette crise en mobilisant, comme par le passé, les remèdes que sont la créativité, le courage, la fierté, l’indépendance ou encore le patriotisme.

4 Guide de navigation sur l’océan de la mondialisation

Depuis plus d’une décennie, les avis de tempêtes se multiplient sur l’océan tumultueux de la mondialisation, prenant la forme d’autant de crises dont on peut légitiment craindre qu’elles ne conjuguent leurs effets dévastateurs. Crise sécuritaire avec l’apparition du terrorisme sans frontières, crises financières devenues mondiales, crises sanitaires et, comme on l’observe actuellement, crises migratoires, sans oublier l’ombre portée sur la planète entière par le dérèglement climatique. Dans ce déchainement de forces, les acteurs de bonne volonté paraissent impuissants tant ils sont devenus interdépendants. Peut-être parce qu’il leur manque les cartes et les boussoles leur permettant de naviguer dans la mondialisation. Ce sont ces instruments que proposent d’apporter l’ouvrage de Mireille Delmas-Marty, spécialiste de l’internationalisation du droit, en recourant, précisément, aux “forces imaginantes du droit” (Aux quatre vents du monde, Edition du Seuil, septembre 2016). Son idée phare : ne pas nier les contradictions et les tensions à l’œuvre dans la mondialisation, mais identifier les principes permettant de les apaiser.

5 Bon appétit n'est pas itadakimasu !

Shiho Fujimoto est japonaise. Elle explique qu’au moment de passer à table, les Japonais emploient une formule de politesse (itadakimasu), qui n’a pas d’équivalent en français. En effet, itadakimasu ne s’adresse pas à celui qui va manger mais à celui qui a préparé le repas. Pour autant que l'expression japonaise s'emploie dans les mêmes circonstances, au moment de passer à table, elle n'a pas la même direction. C’est celui qui reçoit le repas qui dit itadakimasu. Il s'adresse au cuisinier ou, plus abstraitement, à la nature. Littéralement, itadakimasu voudrait plutôt dire « merci pour ce repas », de sorte qu’au restaurant, il revient plutôt au client qu’à l’hôtelier de la prononcer. De plus, Itadakimasu a une dimension plus universelle, presque spirituelle, que n’a pas l’expression française « bon appétit », dont la teneur est plus mondaine.

Guan Wei est d’origine chinoise et, dans les couloirs de l’université française, il est étonné d’entendre les étudiants se dire « bon cours » quand ils se séparent pour entrer dans leurs amphithéâtres respectifs. Il constate lui aussi que « bon appétit » n’a pas d’équivalent dans sa langue maternelle. En chinois, au lieu de souhaiter « bon appétit », on incite son invité à manger abondamment, pour qu'il soit le plus à l'aise possible.

Retrouvez l’intégralité du "dictionnaire subjectif", proposé par David Christoffel, en cliquant ici !

6 Les séparés, un poème de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine Les séparés, poème déchirant consacré à la profonde détresse des amants séparés ou délaissés et à la cruauté des ruptures.

7 La chronique économique et financière de Jacques de Larosière

On se plaît souvent à croire que les phénomènes  structurels qui déterminent l’avenir de nos sociétés se manifestent sur la très longue durée. Or la démographie, le déclin des progrès de productivité, la montée de la liquidité et la dette ont déjà atteint un point de non-retour. Faute de poser un diagnostic sincère et honnête, les solutions, qui existent, ne peuvent être mises en œuvre. Tel est le thème de la nouvelle chronique que Jacques de Larosière a donné à Canal académie sous le titre inquiétant Les lames de fonds se rapprochent

8 La Contre-Révolution. Origines, histoire, postérité par Jean Tulard

Jean Tulard est l’invité de Canal Académie pour nous parler de la deuxième édition de son livre La Contre-Révolution. Origines Histoire, Postérité.
L’ouvrage est paru chez CNRS Éditions, en 2013. Édité par Perrin la première fois en 1990, il est considéré aujourd'hui comme un ouvrage de référence.


L’historien incontesté de la Révolution et de l’Empire, le maître d’œuvre du Dictionnaire Napoléon, a établi avec le concours de plusieurs historiens une grande synthèse de la Contre-Révolution qu’on estime utile aujourd’hui de rééditer, 23 ans plus tard. L'ouvrage de 500 pages comprend également une bibliographie, une longue chronologie et un dictionnaire des biographies des acteurs majeurs de la Contre-Révolution, sorte de d'ouvrage dans l'ouvrage.


La Révolution et la Contre-Révolution, phénomènes universalistes, passionnent toujours les Français. L'académicien fait remonter les origines de ce duel entre "la tradition" et "le progrès" au XVIIe siècle avec la dîme royale de Vauban. Sous une forme événementielle, Jean Tulard entouré des grands spécialistes de la période révolutionnaire, dresse dans ce livre le portrait d'un phénomène multiforme avec des historiens de droite et de gauche, (dont Jacques Godechot collègue d'Alfred Soboul et membre éminent de la Société des études robespierristes, aujourd'hui décédé, par exemple).





« Tout part d'une crise financière ; il faut se méfier des crises financières, et d'un État qui connaît la banqueroute », avertit Jean Tulard. Le combat est entre ceux qui veulent changer la société et ceux qui veulent faire des changements à la marge.

Le roi…

9 La mort de Molière, à la quatrième représentation du Malade imaginaire

C'est lorsqu'il monta sur la scène du Palais-Royal au soir du 17 février 1673 pour la quatrième représentation du Malade imaginaire que Molière sera pris d'un malaise. Il mourut à l’âge de 51 ans chez lui dans la soirée. Étrange résonance de mourir en ayant pour dernier rôle celui d'un hypocondriaque...
« On meurt de médecine, et non de maladie » disait en substance l'auteur, toujours critique envers les médecins de son temps.



Voici ce qu'en dit Patrick Dandrey dans cette interview :« Lors de cette dernière représentation, on imagine quel métier il fallut au vrai malade qui incarnait le faux pour masquer en un « ris forcé » une convulsion et un crachement de sang. Cet accident fatal, mais qui ne fut peut-être pas le premier, constitue plus qu'un exemple : l'emblème en quelque sorte du détournement opéré par l'acteur comique sur les contingences d'une maladie qui, au lieu de le priver de ses moyens, le contraint d'imaginer un jeu de scène supplémentaire.
La maladie fictive d'Argan lui offrait la possibilité d'assumer son mal véritable, mais de l'assumer sans s'y résigner, sans en être accablé, puisque dans la pièce Argan n'est pas malade »


Écoutez les explications détaillées de Patrick Dandrey sur l'œuvre ultime de Molière.

Patrick Dandrey est professeur à l’Université Paris-Sorbonne spécialiste de la littérature du XVIIe siècle français et de l’histoire de la mélancolie ancienne. Il a publié Le cas « Argan », Molière et la…

10 L'avant et l'après Révolution française au gré de Chateaubriand : étude de caractères

Voici le texte intégral de la communication de Marc Fumaroli :

AVANT ET APRES :
Continuité et changement du caractère français
dans les Mémoires d'outre-tombe


Pendant cette série de conférences vous ont été proposé des portraits moraux et politiques de grandes figures historiques. Je voudrais aujourd'hui esquisser devant vous le portrait moral et politique de la France, tel que l'a dessiné Chateaubriand, en filigrane des Mémoires d'outre-tombe.

Réécrits après 1830 comme un immense pamphlet posthume contre le régime de Juillet, les Mémoires d'un Chateaubriand, vieillissant, retiré de la vie publique, émigré de l'intérieur, mobilisent toutes les ressources accumulées par l'expérience de leur auteur pour fustiger la " morale des intérêts " déjà incarné par Decazes et qui a triomphé avec Louis-Philippe. Ses conséquences prévisibles à court terme : la révolution socialiste. La colère du Tacite du " siècle des révolutions " s'enracine dans une méditation passionnée sur la longue durée historique du royaume de France et sur la Révolution qui en a résumé et consommé les traits négatifs et positifs : elle déploie une prodigieuse galerie de portraits qui donnent vie et humanité singulières aux différentes " occasions manquées " qui ont ôté à la France, au cours de ce tournant historique où elle avait tous les atouts pour la prendre la direction morale et politique de l'Europe et du monde. Entre grandeur et misère, l'ironie noire est la clef de…

11 Chantal Delsol : La tentation du consensus

La philosophe Chantal Delsol s'interroge dans sa communication sur le développement du concept de consensus en relation avec les nouveaux termes de "gouvernance" et de "démocratie participative". Elle remarque qu'avant la chute du mur de Berlin, personne n'aurait osé remettre en cause la démocratie. Aujourd'hui, la critique de la démocratie se porte bien, nous dit-elle. Plusieurs aires géographiques récusent sans complexe la démocratie et/ou les droits de l'homme : la Chine et ses voisins, l'islam fondamentaliste, l'orthodoxie russe : «Notre modèle voit donc vaciller sa certitude d'universalité». Elle met l'accent sur les soupçons qui pèsent sur l'incapacité du peuple à voter comme il faut, un argument contre la démocratie, et sur l'incapacité également présumée de la démocratie à répondre aux problèmes écologiques. Cherchant les origines, dans l'histoire, de la démocratie moderne, elle rappelle qu'elle est née au Moyen-âge. L'élection des papes et l'émergence des communes italiennes en témoignent.



La démocratie moderne «désublimée» repose selon la philosophe sur deux postulats essentiels :
- la valeur insigne de la personne individuelle qui la rend digne de ne pas être gouvernée contre son gré;
- la possible amélioration continuelle des sociétés humaines, l'idée de progrès.

Or, ces deux postulats fondateurs, aujourd'hui remis en cause, laissent penser à l'opinion qu'il est devenu dangereux de faire de la politique au nom d'idéaux, pour des raisons morales. Ainsi, le désir de consensus s'inscrit dans le contexte d'une paix sacralisée.


La recherche de consensus, la démocratie participative et la gouvernance, apparemment distinctes, sont pour elle en…

12 L'Europe médiévale

Voici le texte de la communication de Jean Favier sur l'Europe médiévale :

Prenons tout d'abord une précaution, qui semble aller de soi mais qu'il vaut mieux formaliser : l'Europe dont nous allons parler, c'est celle du Moyen Âge, c'est-à-dire d'un millénaire qui va, en gros, du Ve au XVe siècle. Ce ne peut être ce que nous appelons Europe à l'aube du troisième millénaire. Ce que nous pouvons entrevoir, ce sont des esquisses, des ébauches, des tentatives, dont il serait abusif de juger en fonction d'un aboutissement alors insoupçonnable, c'est-à-dire des réalités et des ambitions actuelles. Là comme ailleurs, l'anachronisme serait dangereux : ce que l'on pourrait prendre pour des prémices n'en est pas pour les hommes du Moyen Âge. C'est tout simplement leur vécu. Il convient donc de prendre le mot Europe avec les réserves qu'impose la vue historique.

Les anciens empires ont eu ceci de commun qu'ils étaient définis par une mer entre des terres. Phéniciens, Grecs, Carthaginois ont bâti des empires d'abord faits de comptoirs, et les trois continents ont essentiellement été les arrière-pays de ces empires. Les choses ont changé avec Alexandre, mais vers l'Orient. Elles changent surtout avec l'empire romain, le premier a avoir été fait de territoires étendus sur les trois continents. Malgré le rôle essentiel des marines romaines dans le système de relations internes de l'Empire, et même si les Romains prennent la Méditerranée pour leur bien propre, les légions ont, bel et bien, contourné la mer.…

13 Moyen Âge et Renaissance dans les leçons inaugurales du Collège de France

De Michelet à nos jours, les leçons inaugurales consacrées à l'époque médiévale se sont succédées au Collège de France, chacune reflétant le témoignage d'une époque et d'une évolution intellectuelle. Partagé entre le romantisme et le positivisme, l'étude de cette période de notre histoire révèle la richesse intellectuelle d'une institution méconnue et aux membres prestigieux: Gilson, Febvre, Lecoy, Braudel, Duby...

Dans un ouvrage de haute-volée paru aux éditions Fayard, Pierre Toubert et Michel Zink nous offrent l'occasion de saisir un savoir menacé par le dérive utilitariste des sciences. Donner un sens aux choses, trouver des clés d'explication des mondes et des hommes : tel est le grand défi que présentent, depuis plus d'un siècle et demi, l'histoire médiévale et l'histoire de la Renaissance.

A propos de Michel Zink

- Membre des Inscriptions et des Belles Lettres, Michel Zink est philologue, spécialiste de littérature de la France médiévale aux XIIe-XIVe siècles (poésie lyrique, en particulier pastourelle ; romans, notamment Jean Renart, Chrétien de Troyes ; Rutebeuf); de littérature religieuse (sermons en langue romane, contes); d'historiographie (Froissart). Auteur de très nombreux ouvrages dont certains ont été présentés sur Canal Académie ici. Michel Zink est titulaire de la chaire Littérature de la France médiévale au Collège de France.

Ses dernières publications

- Naissance, Renaissances. Moyen Âge – XVIe siècle, dirigé par Frank Lestringant et Michel Zink (Histoire de la France littéraire, sous la direction de Michel Prigent), Paris,…

14 A Laure, un poème d’Alfred de Musset

Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, lit cette semaine A Laure d’Alfred de Musset (1810-1857), poème dans lequel il affirme son souhait de voir réunis les élans du corps et ceux du cœur.

15 Jésus, l'homme qui était Dieu de Max Gallo

Max Gallo, élu à l’Académie française le 31 mai 2007, vient de publier, en cet automne 2010, chez XO, un récit intitulé « Jésus, l’homme qui était Dieu », le livre sans doute le plus personnel de sa fructueuse carrière.
Quand il a pris la décision d'écrire ce livre, sa démarche a-t-elle été d’abord une initiative de croyant ou d’historien ? Ou bien celle d'un pédagogue habitué à ce que des dizaines de milliers de lecteurs lui fassent confiance ?


M.G : La formule « pris cette décision » recouvre une réalité : il y a bien eu une décision, mais qui s’étale sur plusieurs années. Je tournais autour de ce sujet, autour de Jésus en fait. J’y avais pensé quand j’ai écrit trois récits regroupés sous le titre « Les chrétiens » en 2002 (sur Saint Martin, Clovis, Saint Bernard). Je me disais que c’était une tâche qu’il était finalement sage de ne pas entreprendre. Mais j’appartiens à la catégorie des écrivains qui écrivent pour connaître. C'est-à-dire peut-être pour se connaître. Ecrire est un moyen de connaissance. Je me suis rendu compte que ces Evangiles que je lisais au hasard, je ne les connaissais pas bien, je ne les avais jamais appris, je n’avais jamais écrit en les lisant. Au départ, ma décision a été dictée par le souci de relecture, de mise au point pour moi-même. Avec un peu d’inquiétude en me disant « quelle prétention ! On va imaginer que c’est une biographie parmi d’autres».…

16 La poule au pot du bon roi Henri IV

La première relation de la poule au pot remonte à la version imprimée de l'Histoire d'Henri le Grand, composée par Hardouin de Perefixe, archevêque de Paris, cy-devant Précepteur du Roy en 1661. C'est une oeuvre didactique, destinée à l'enseignement de Louis XIV, futur Roi Soleil. L'histoire de la poule au pot est la conclusion d'une conversation au jeu de paume entre le roi Henri IV et le duc de Savoie :

« Le Duc, voyant un grand peuple, lui dit qu'il ne pouvait assez admirer la beauté et l'opulence de la France, et demanda à sa Majesté ce qu'elle lui valait de revenu. Ce Prince généreux et prompt en ses réparties lui répondit, « Elle me vaut ce que je veux ». Le Duc trouvant cette réponse vague, le voulut presser de lui dire ce que la France lui valait. Le Roi répliqua, « Oui, ce que je veux, parce qu'ayant le coeur de mon peuple j'en aurai ce que je voudrai, et si Dieu me donne encore de la vie je ferai qu'il n'y aura point de laboureur en mon Royaume qui n'ait moyen d'avoir une poule dans son pot » : ajoutant, « et si je ne laisserai pas d'avoir de quoi entretenir des gens de guerre pour mettre à la raison tous ceux qui choqueront mon autorité. » Le Duc ne répartit plus rien et se le tint pour dit ».

C'était donc une exhortation d'un grand…

17 Hubert Reeves : Nous sommes tous des poussières d'étoiles

C'est à partir des années 1970 que Hubert Reeves s'est intéressé à la vulgarisation scientifique, au travers notamment d’explications données à des curieux lors de nuits étoilées de l’été.
Il décide de rédiger plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique. Les premiers livres Soleil et Patience dans l'azur resteront longtemps dans les tiroirs. En effet, Hubert Reeves contacte une trentaine de maisons d'éditions, hélas sans résultat : « Cela n'intéresse personne » entend-il pour toute réponse. La 31e « L'astronomie intéresse tout le monde. Mais cette discipline peut paraître difficile d'accès à beaucoup d'entre nous. Or, il est du devoir du scientifique de s'adresser au public, car n'oublions pas que les chercheurs dépendent de crédits de l'État, en d'autres termes des impôts de chacun. Il est normal qu'il y ait un retour d'ascenseur » explique Hubert Reeves.

Après Soleil paru en 1977, puis Patience dans l'azur en 1981, Hubert Reeves publie Poussières d'étoiles en 1984, réédité en 2008, corrigé et augmenté, et ne cessera dès lors de raconter l'histoire de l'univers.

Voici quelques morceaux choisis de l'émission :

Il y a quelque 14 milliards d’années a lieu ce qu’on appelle désormais communément le « big bang ». Naissent de ce chaos quantité de particules qui s’agrègent petit à petit pour former des systèmes complexes.
Ces…

18 “Ces amis qui enchantent la vie” : les libres passions littéraires de Jean-Marie Rouart

“Je demandais aux livres : comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ?”, écrit Jean-Marie Rouart pour présenter son dernier ouvrage consacré aux livres qui ont enchanté sa vie. A travers cette anthologie subjective, l’écrivain confie les enthousiasmes qui ont jalonné son parcours de lecteur insatiable et libre. Avec cet ouvrage et cette émission, il nous invite à emprunter, avec lui, des chemins buissonniers de la littérature, ceux sur lesquels on fait toujours les rencontres les plus inattendues et les plus inoubliables.

19 "Enseignement et éducation ", le discours de Jacqueline de Romilly, de l'Académie française

Comme le veut la tradition, les cinq Académies qui forment l’Institut de France se réunissent chaque année le mardi le plus proche du 25 octobre, en souvenir de la création de l’Institut (25 octobre 1795). Pour l’année 2008, la rentrée solennelle des cinq académies s’est fait autour du thème de l’éducation.



Née à Chartres, en 1913 , Jacqueline de Romilly était agrégée de lettres, docteur ès lettres, elle enseigne quelques années dans des lycées, puis devient professeur de langue et littérature grecques à l’université de Lille (1949-1957) et à la Sorbonne (1957-1973), avant d’être nommée professeur au Collège de France en 1973 (chaire : La Grèce et la formation de la pensée morale et politique). Elle a été la première femme élue à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975. Elle a présidé cette Académie pour l’année 1987. Puis elle a été élue à l’Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil d’André Roussin (7e fauteuil). Elle est décédée à Paris le 18 décembre 2010. Parmi la quarantaine d'ouvrages qu'elle a publié, on lui doit notamment: Pourquoi la Grèce ? (1992), La grandeur de l’homme au siècle de Périclès (2010), Jeanne (2011, œuvre posthume).









En savoir plus:

- Écoutez les autres émissions avec Jacqueline de Romilly sur Canal Académie.

- Consultez la fiche de Jacqueline de Romilly sur le site de l' Académie française et sur le site de l'Académie des inscriptions…

20 La langue française face à la mondialisation

La mondialisation génère chez les Français, de la crainte pour la France et leur situation. Ils ont tort. Il a existé d'autres moments dans l'Histoire de mondialisation (que l'on pense à Rome). Le développement d'une langue n'est pas seulement fonction de la puissance politique, militaire et économique de ceux qui la parlent. Certes, les grandes langues sont liées à l'empire mais une domination linguistique ne s'établit jamais d'elle-même. Elle est le résultat d'une volonté linguistique politique. Celle des Etats-Unis, par exemple, est très volontaire.

Est-ce que, dans la mondialisation qui donnerait à ce "néocolonialisme" (ou impérialisme linguistique) des moyens de développement de propagande, de séduction, l'anglo-américain se substituerait aux langues à vocation universelle du 19è siècle ?

Pour Gabriel de Broglie, la réponse est non.
- la langue d'usage, celle qui sert aux touristes et aux commerçants, est une langue pauvre (entre 200 et 500 mots) ; elle ne peut donc pas se substituer à une langue complète, nuancée, précise.
- Par ailleurs, l'anglais, mais aussi le français, l'espagnol, le portugais, le russe ou le chinois, sont des langues des "grandes nations" qui sont en progression numérique et ne dépérissent pas.

Cependant le monde n'est pas en voie d'unité linguistique, chacun peut l'observer. Car les locuteurs restent attachés à leur langue respective.

Le français est la langue de 60 millions d'habitants et la France jouit d'une situation linguistique unifiée (mieux qu'il y a un siècle). Elle s'enrichit sans cesse, elle reste parlée par des élites internationales. Même si nous vivons…