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- Le programme de la semaine du 21/05/2018 -

L’œil dévoilé, l’œil guéri

Se voir le plus souvent possible, un poème d’Alfred de Musset

Conversation chez M. Thiers : “La révolte des mots”

“La presse à la barre du tribunal”

L'essentiel avec... : Yves Pouliquen

Yves Pouliquen a été élu à l’Académie française il y a un peu plus de dix ans, le 29 novembre 2001 au fauteuil numéro 35, qui était occupé juste avant lui par Louis Leprince Ringuet.


1- Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été, Yves Pouliquen, le moment essentiel ?


Pour Yves Pouliquen le moment essentiel remonte à 1980 quand il est devenu chef de service d’ophtalmologie de l’Hôtel Dieu à la suite de son grand maître Guy Auffrey qu’il avait déjà servi pendant une quinzaine d’années. Cette expérience lui a permis de cumuler l’expérience clinique ainsi que la recherche avec la création d’une unité de recherche de l’INSERM, la première créée en recherche ophtalmologique française. Aujourd’hui il est devenu rare d’associer les deux. Pour le grand ophtalmologue cette expérience représente un moment exaltant.


Au point de départ c’est la biologie qui vous intéressait ?


Yves Pouliquen a perdu son père très jeune. Il était instituteur et lui avait dit « toi, tu seras normalien ». Sa mère a gardé cette idée. Yves Pouliquen a été sélectionné pour préparer Normale Sup en sciences expérimentales à Saint Louis en Normandie. Il a tout de suite vu que ses notes en mathématiques ne lui permettraient pas d’être dans les premiers. Très influencé par Albert Delaunay qui était à l’Institut Pasteur et qui lui avait mis en tête le rêve de la biologie, il est allé s’inscrire alors au PCP sans que sa mère le…

Anne Fagot-Largeault, philosophe des sciences

Une littéraire à l’académie des sciences … Voilà un parcours déconcertant qui mérite quelques éclaircissements !
Pendant cinq ans, Anne Fagot-Lageault, agrégée de philosophie, enseigne sa discipline en lycée. Elle en garde de merveilleux souvenirs, malgré des classes d’une cinquantaine d’élèves.
Son destin bascule le jour où elle devient l’assistante de Gilbert Simondon, grand professeur de philosophie à la Sorbonne (il développa les concepts d’individuation et de transduction). C’est à cette période qu’ Anne Fagot-Largeault commence à prendre des cours complémentaires et se retrouve à enseigner la philosophie des sciences à des étudiants de psychologie. Elle y prend goût, et s’intéresse de près à la logique, une idée de l’école de Vienne, largement exportée aux Etats-Unis au moment de la seconde guerre mondiale.

Elle s’envole alors aux Etats-Unis, pour rejoindre le philosophe Patrick Suppes à Stanford, laissant Gilbert Simondon encore déconcerté par son choix ! Sa quête : savoir ce que signifie "donner une explication scientifique"… Sur les conseils de Patrick Suppes, elle décide de travailler sur les logiques causales (la mode de l’époque s’intéressait à l’inverse aux logique modales), et réalise très tôt qu’elle fait le bon choix !( aujourd’hui, médecins, économistes, scientifiques, utilisent les statistiques pour leurs recherches).

A son retour en France en 1971, elle atterrit à Paris 12 Créteil, une université encore à peine sortie de terre. Le changement avec le cadre des universités américaines est rude, et le décalage est important : elle souhaite enseigner à ses étudiants les logiques causales, alors qu' eux attendent…

Félix Vicq d'Azyr, médecin de Marie-Antoinette, par Yves Pouliquen, de l'Académie française






Félix Vicq d'Azyr fut considéré en son temps comme un génie de la médecine. Mais aux yeux d'Yves Pouliquen, il est une figure trop oubliée par l'histoire. Médecin et membre de l'auguste Académie comme lui, Yves Pouliquen souhaitait depuis longtemps rétablir cette injustice du temps.





Avant de s'orienter vers la médecine, Vicq d'Azyr s'est intéressé à la philosophie et à la théologie. Sous la pression de son père, la médecine finalement l'emporta. D'emblée, jeune homme, Félix Vicq d'Azyr, par son ambition scientifique et sa vocation se distingua des autres étudiants. Très tôt remarqué par ses maîtres, dès son arrivée à Paris (originaire de Valognes), curieux de tout, il étudie les mathématiques, la physique, la chimie, y compris et surtout, l'anatomie dont il a une vision globale. Une démarche tout à fait originale pour l'époque. Il est un des premiers à s'intéresser au système nerveux et au cerveau. A 23 ans, il s'est fixé tout un programme pensant qu'on peut expliquer l'âme et la pensée par l'anatomie. Jeune il est déjà remarquable par cette ambition et entre à l'Académie royale des sciences en 1774. La rédaction extrêmement claire de son traité d'anatomie avec des schémas et tout le vocabulaire afférent, est un modèle du genre. Génie scientifique, l'homme était aussi séducteur. Ses talents d'orateur et de pédagogue en faisaient une "vedette" auprès de ses étudiants.


Le lire est un plaisir nous dit Yves Pouliquen qui fait de cet esprit représentatif de l'Encyclopédie un pré-évolutionniste, un pré-lamarckien et un…

Qui est Quoy ? Naturaliste, médecin de la marine à voile, et correspondant des académies trop méconnu !

Qui est Jean-René Quoy, héros oublié d’une des dernières grandes aventures de la marine à voile, pluridisciplinaire, insatiable et aventureux encore dans la mouvance de l'Europe des Lumières ?
Il est un héros sage et un peu froid, discipliné, qui n’aime guère parler de lui-même et ne se livra à aucune extravagance ; c’est peut être la raison de cet injuste oubli.

Jean-René Quoy est né le 10 novembre 1790 à Maillé en Vendée ; il fut le seul de ses quatre autres frères à être baptisé, car les suivants, nés pendant la Révolution, ne purent l’être. Le curé de la paroisse, réfractaire au serment républicain, fut guillotiné à La Rochelle. Voilà une vie qui ne commençait pas dans un contexte bien favorable !


Judicieusement, ses parents envoyèrent leur rejeton à la campagne, chez une tante, à Saint Jean de Liversay. C’est là que Jean-René fut élevé, dans ce village auquel il resta toute sa vie très attaché et où il se retira les dix dernières années de sa vie, avant de décéder à Rochefort en juillet 1869.


Il appartient à une famille de médecins, d’origine nivernaise, mais établie dans cette région d’Aunis depuis plus d’un siècle. A l’âge de 6 ans il est pensionnaire à Marans, chez un instituteur fort correct qui l’emmène aux fêtes républicaines, dont il restera très marqué. Le Consulat et Bonaparte, en 1799, ramènent la tranquillité, et la famille se regroupe à Saint Jean. Dès l’âge de 9 ans, son père l’initie à quelques actes…

Cabanis par Yves Pouliquen, de l'Académie française

Pierre-Jean-Georges Cabanis, médecin, physiologiste, précurseur de la neurophysiologie, a traversé le siècle des Lumières et la révolution française de Mirabeau à Bonaparte. Ce médecin, enseignant aussi la médecine mais sans l'aura d'un Vicq d'Azyr, a laissé une œuvre scientifique et littéraire consacrée à l’histoire de la médecine et non à la pratique médicale.


C'est à peine âgé de 24 ans que Pierre-Jean-Georges Cabanis se révoltait contre le mépris de la société intellectuelle de son temps pour la médecine jusqu'alors fondée sur l'empirisme. Il voulut faire entrer la philosophie dans la médecine et la médecine dans la philosophie et y parvint.


Il s'est occupé de l'organisation de l'enseignement médical et des hôpitaux, une orientation tout à fait nouvelle pour son temps et s'est intéressé à la philosophie de la médecine, des angles surprenants en adéquation avec les idées de l'encyclopédie. Matérialiste, au sens du XVIIIe, "idéologue", partisan de Bonaparte, il fut sénateur et fut donc au cours de sa vie également confronté à l’exercice du pouvoir. Il doit à la relation affectueuse qu'il entretenait avec Madame Helvétius qui tenait salon et le considérait comme un fils, d'avoir été très tôt introduit dans le meilleur des cercles scientifiques et intellectuels. Dans son salon, lui qui venait de Corrèze, pour faire à Paris ses études, rencontra Turgot, Holbach, Condorcet, Destutt de Tracy, Mirabeau... dont il fut le médecin.


Ses travaux sur la perception expliquent la physiologie dans la psychologie. Il ouvrit ainsi la voie aux points de vue de Schopenhauer, Maine de Biran,…

"L'oeil" de Monet par le Pr Yves Pouliquen, de l'Académie française

Nous avions déjà entraperçu l'académicien au détour des régulières expositions consacrées à Monet dans la capitale française et ailleurs. Nous connaissions en outre sa passion pour ce peintre au point d'avoir co-rédigé catalogues et ouvrages sur lui. Le regard d'Yves Pouliquen, professeur d'ophtalmologie, membre de l'Académie française, sur "l'œil" de Monet nous est donc apparu, au moment des deux grandes expositions qui lui sont consacrées à Paris en cet automne 2010, d'autant plus intéressant. D'abord par sa capacité à comprendre les difficultés de vision de Monet mais aussi comme témoignage au moment où la reconnaissance internationale de l'œuvre du peintre est consacrée à Paris. Nous pouvons voir des toiles rares au musée du Grand Palais (jusqu'au 24 janvier 2011), des collections très importantes à Marmottan-Monet (qui déroule toute l'année des thématiques sur le peintre) tandis que les Nymphéas du musée de l'Orangerie restent une étape à ne pas manquer.

Yves Pouliquen a exercé sa profession médicale en France et à l'étranger. Il a donc beaucoup voyagé. A chacune de ses étapes, il n'a jamais manqué les œuvres de Monet. Partout où il séjournait, il allait au musée. Il apparaît que la notoriété du peintre a attiré les acheteurs du monde entier et que nombre de tableaux se trouvent actuellement hors de France. NDLR : Sylvie Patin dans une émission précédente de la rédaction «Reconnaissance internationale pour Monet au Grand Palais à Paris» ne manquait pas de nous parler du fameux Terrasse à Saint Adresse qui se trouve actuellement au MOMA…

Monet, l'oeil impressionniste, introduction à l'exposition par Jacques Taddei

« Depuis cet enregistrement Jacques Taddéi nous a quitté (1946-2012). »

Le musée Marmottan Monet présente du 16 octobre 2008 au 15 février 2009 l'exposition Monet, l'oeil impressionniste. Elle vise à mettre en valeur le phénomène de la vision chez le célèbre peintre. Zoom sur l'œuvre et l'originalité du peintre à travers le prisme de ses facultés oculaires.



Écoutez, dans cette émission, Jacques Taddéi de l'Académie des beaux-arts et directeur du musée Marmottan Monet, nous expliquer en quoi l'œil et la vision affectent à la fois le regard et le geste de l'artiste.



Les tableaux de cette exposition proviennent du monde entier, de San Francisco, de Dublin et même de Scandinavie ! Jacques Taddéi nous explique : « nous allons comparer les contrastes, les couleurs chez Monet et on va voir peu à peu comment le sujet ne devient plus l'intérêt primordial du tableau. Ainsi en atteste celui des Nymphéas.»

Avec l'appui des connaissances scientifiques les plus avancées sur la vision, il est possible de trouver des réponses. Constructions des contours, perception des formes, représentation du mouvement, sensation chromatique, la possibilité nous est offerte de voir comment Monet, confronté à une perte de capacités dans des facultés indispensables à l'exercice de son art, s'en est accommodé.


Le docteur Yves Pouliquen de l'Académie française, Jacques-Louis Binet, Secrétaire perpétuel de l'Académie nationale de médecine, le docteur Philippe Lanthony, expliquent les œuvres exposées, dont certaines sont projetées sur le sol, de façon à préciser l'idée de la surface et pourquoi une couleur est…

Madame de Sévigné et la médecine du Grand Siècle

"Les biographies médicales", tel était le thème de la journée du livre à l'Académie nationale de médecine en septembre 2006.
À cette occasion, les auteurs, ont présenté leurs livres, sous forme de questions/réponses avec un interlocuteur de leur choix.









Pour le livre Madame de Sévigné et la médecine du grand siècle, l'auteur Yves Pouliquen a choisi pour interlocuteur son confrère et ami Angelo Rinaldi de l'Académie française.
Si étudier les lettres de la marquise une énième fois n'apportait pas un grand intérêt, en revanche, le regard d'un médecin sur les angoisses médicales d'une femme au XVIIIe siècle, apporte un éclairage nouveau sur les conditions d'hygiène de cette époque !

Mot de l'éditeur :
Madame de Sévigné et la médecine du grand siècle
À travers ce portrait médical de la Marquise, Yves Pouliquen fait revivre l'état de santé du milieu dans lequel évoluait Madame de Sévigné. Au passage, il rappelle les débats d'alors sur la pratique médicale, où la tradition ancienne côtoie les méthodes nouvelles, décrit tout le pittoresque de la pharmacopée et raconte aussi comment la Marquise, déçue par les médecins, s'adressa aux pires charlatans. Il dresse enfin un véritable bilan de santé de la grande épistolière qui éclaire sous un jour inédit ses obsessions, ses névroses, ses relations avec ses proches



Retrouvez l'avis du professeur Binet sur cet ouvrage ainsi que sur les autres "biographies médicales" présentées lors de cette journée de livre (Freud, Ravel, Bartok ou encore Joë Bousquet) ici

En…

Louis Braille : le jeune surdoué inventeur d'une écriture pour les aveugles

Louis Braille perd la vue à l’âge de 5 ans, suite à un malheureux accident deux ans plus tôt, et à une infection. Issu d’une famille modeste, il a cependant la chance d’être encadré à l’école par un instituteur et un abbé dans son village à proximité de Meaux, à Coupvray. C’est grâce à eux qu’en 1819, à l’âge de 10 ans, il quitte ses parents pour l'Institution royale des jeunes aveugles fondée par Valentin Haüy.
A l’école, il apprend à lire avec des lettres en relief auxquelles Valentin Haüy reste attaché, lettres reconnues par le toucher mais dont la reconnaissance impose une lenteur incompatible avec les exigences de l’esprit.
A la même époque, on parle beaucoup du système d’écriture d’un certain Charles Barbier de la Serre (1767-1841). Capitaine d’artillerie, il a créé un mode d’« écriture nocturne » reconnaissable par un système de douze points disposés sur deux colonnes et correspondant au gré de leurs multiples combinaisons au son des voyelles ou des consonnes. Barbier avait repris un système d’écriture qui existait déjà : l’écriture punctiforme.

C’est ce procédé que cultive le jeune Louis Braille, étudiant toutes les possibilités de « son picotage ».

L’idée révolutionnaire du jeune-homme consiste à abandonner l’alphabet analogique et d’en créer un de toute pièce, par symbole ! Précisons que Braille n’a pas inventé la combinaison des points mais il a découvert leur disposition, celle qui convenait le mieux à la perception tactile de l’écrit tout en permettant une lecture globale.

Pour lui, le…

La tuberculose dans la littérature

La tuberculose est la maladie la plus évoquée en littérature.
Autrefois soignée dans les sanatoriums, par des cures de soleil et de plein air, elle a été réduite par les antibiotiques dans les années 1950.

Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française, nous éclaire sur la description et la mise en scène de cette maladie dans la littérature, au regard de trois ouvrages :


Le long cours de Georges Simenon (paru en 1936)

L’auteur a souvent évoqué la tuberculose dans ses ouvrages.
Georges Simenon est très connu pour Maigret mais il écrivit quantité de « romans durs » comme il les appelait lui-même ; des romans policiers certes, mais traitant aussi de la solitude, de l’exil et des voyages de l’auteur en Amérique latine et en Afrique.

Tous les personnages de Simenon atteints par la tuberculose sont des personnages secondaires sauf Jeff, personnage principal du Long cours. La tuberculose vue par Simenon entraîne une fin inéluctable : la mort ou la « disparition ». Les personnages s’effacent littéralement.

Exemple avec le roman En cas de malheur (dont un film sera tourné avec Brigitte Bardot et Jean Gabin) : le fils d’un avocat est envoyé en Suisse et « disparaît ».
De même dans Les sœurs Lacroix où le mari « disparaît en Suisse ».
Dans Le petit saint, histoire d’un petit garçon qui devient peintre dans le quartier Mouffetard avant la guerre de 1914, sa petite sœur tousse, et disparaît… Elle a la tuberculose.

Le long cours raconte l'histoire de la fuite…

Céline médecin et écrivain

Louis-Ferdinand Destouches (1894-1961), plus connu sous son nom de plume Céline (prénom de sa grand-mère), fut l’écrivain français le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle.
Cette passionnante communication de Frédéric Vitoux consacrée au médecin écrivain Céline, débute par un extrait sonore où celui-ci évoque, avec un ton saccadé qui lui est propre, la place du roman dans notre société.


Remontons le fils du temps pour obtenir les quelques clés nécessaires à la compréhension de la pensée célienne.
En 1932 paraît son premier roman Voyage au bout de la nuit. Il rate de peu le prix Goncourt mais obtient le prix Renaudot. Félicité par le plus populaire des romanciers de l’époque, François Mauriac, Louis-Ferdinand Céline ne semble pourtant pas flatté et lui répond avec une grande liberté :

« … Rien ne nous rapproche, vous appartenez à une autre espèce, vous voyez d’autres gens, vous entendez d’autres voix. Pour moi, simplet, Dieu c’est un truc pour penser mieux à soi-même et pour ne pas penser aux hommes, pour déserter en somme superbement. Vous voyez combien je suis argileux et vulgaire. Je suis écrasée par la vie, je veux qu’on le sache avant d’en crever, le reste je m’en fous, je n’ai que l’ambition d’une mort peu douloureuse, mais bien lucide et tout le reste c’est du yoyo.
Bien sincèrement je vous prie,
Destouches / Céline »

L’extrait sonore qui suit, une lecture des premières pages de Voyage au bout de la nuit…

Proust et Beckett, deux corps éloquents

L'œuvre écrite de l'académicien François-Bernard Michel s'interroge souvent sur le corps. Dans son essai paru en 2011, Proust et Beckett, deux corps éloquents, il analyse l’impact des souffrances humaines, maladies et tourments sur la création littéraire.
Qui mieux que François-Bernard Michel, médecin de formation, spécialiste des maladies respiratoires et des allergies, grand amateur d'art et de littérature, également écrivain, pouvait s'attaquer à ces deux géants littéraires Marcel Proust et Samuel Beckett sous l'angle du rapport au corps et à la maladie. Le « souffle court » de l'un et le « cœur folâtre » de l'autre, selon ses mots, les a conduits à un rapport au monde particulier que François-Bernard Michel décrypte sans « psychologie de cuisine » ou de jargon médical.





Pour en savoir plus


- François-Bernard Michel, a été élu le 29 mars 2000 à l'Académie des beaux-arts dans la section membres libres. Il a reçu le Prix Jacques de Fouchier de l'Académie française pour l'ensemble de ses œuvres (1999). Médecin spécialiste des maladies respiratoires, François-Bernard Michel a longtemps mené de front une carrière consacrée à la médecine, à l'action culturelle et à l'écriture. Il est l'auteur de romans, de poésies, d'essais et d'ouvrages d'information médicale. Président de l'Académie des beaux-arts pour l'année 2006, il vient de se voir confier à nouveau la tâche de président de l'Académie par ses confrères depuis le mois de mai 2011.


Parmi ses derniers livres :

ses romans :
- Sein, Le Rocher, 2006
- Judith, Ed. Actes Sud,…

Portrait d'un médecin historien des sciences : Jean Filliozat



A l'occasion du centenaire de la naissance de Jean Filliozat le 4 novembre 1906, l'Académie des inscriptions et belles-lettres a choisi de rendre hommage à cet académicien disparu en 1982 dont l'œuvre et l'humanisme ont orienté les études indiennes dans un sens méthodologique novateur.
Jean Filliozat fit à la fois des études de médecine et d'orientalisme. Il rencontra Sylvain Lévi (1863-1835), figure majeure de l'indianisme français à une époque où la philologie sanskrite était la discipline reine. Professeur au Collège de France qui expliquait la civilisation indienne par les sources extérieures, celui-ci lui conseille l'apprentissage de plusieurs langues orientales. Médecin ophtalmologiste, Jean Filliozat soutint en même temps, sa thèse sur l'histoire de la médecine en Inde où il se rendit pour la première fois en 1947.

Il fut l'auteur du concept «d'écologie historique» , cherchant d'un point de vue méthodologique à situer les connaissances et les faits observés dans une saisie globale liant l'environnement culturel et naturel.

L'ensemble de ses travaux cherchent à mettre en lumière une pensée rationnelle, là où beaucoup voyaient un ensemble de croyances ou de mythologies. Il voulut montrer l'étendue, l'indépendance, l'originalité d'une réelle création scientifique en Inde à travers l'étude de l'astronomie, de la médecine, de la philosophie ou de la magie.




Pour en savoir plus

- Sur Jean Filliozat, (1906-1982).
Orientaliste, indianiste, il fut membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres à partir de 1966. Il enseigna au Collège de France de 1958 à 1978, dirigea l'École française d'extrême-Orient et fonda…

« Partir en campagne pour devenir médecin : guerre et art médical dans l’Antiquité »

Communication d’Evelyne Samama, professeur d’histoire ancienne à l’Université Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines, prononcée le 10 décembre 2015 lors des journées d’étude « Guerre et santé » organisées dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société » soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

André Vacheron, cardiologue humaniste

André Vacheron grandit à Dourges dans le Nord-Pas-de-Calais. Son père, ingénieur des mines, y dirige la fosse numéro 7. L’enfant d’alors garde de bons souvenirs de cette époque d’avant guerre : « Je descendais tout petit au fond de la mine avec l’équipement de mineur. Je visitais les galeries en compagnie de mon père, qui partait tous les jours à la rencontre des miniers. Il était d’ailleurs très apprécié et respecté pour cela », se souvient-il.

Mais lorsque la Guerre éclate en 1939, le chef de famille décide très rapidement de déplacer sa femme et ses enfants dans un petit village d’Auvergne. « Mon père avait vécu une partie de la guerre de 1914, il voulait à tout prix nous éviter ses horreurs ». André Vacheron reste deux ans dans le village, scolarisé à l’école communale. Puis c’est le retour à Paris, alors que sonne le temps de l’Occupation. « Mon père avait quitté les mines du Nord. Il ne voulait pas travailler sous les ordres des Allemands. À Paris, il a accepté un poste d’ingénieur à la direction de la sidérurgie ». André Vacheron entre pour sa part au lycée Voltaire en 1942 et obtient son bac à 17 ans.

Pendant un temps, il songe à entrer à l’École navale, mais sa mauvaise vue le disqualifie aux concours d’entrée. Il opte alors pour la médecine.
La première année est difficile : « À la sortie de la Seconde Guerre mondiale les enfants n’étaient pas bien nourris, les gens avaient…

“La presse à la barre du tribunal”