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- Le programme de la semaine du 12/02/2018 -

Luther tel qu’en lui même

Elisabeth Lusset présente Crime, châtiment et grâce dans les monastères au Moyen ÂAge (XIIe-XVe siècle)

Le chat un poème de Charles Baudelaire

Loi 1905 : protestants, catholiques et pensée laïque

- Bernard Cottret, Professeur à l'Université de Versailles Saint Quentin.
"Il y a 400 ans, après 36 années de guerres religieuses, Henry IV accordait aux protestants la liberté de culte : c'était l'Edit de Nantes."

- Alain Boyer, historien des religions. "Les catholiques refusent la loi de 1905."

- Jacqueline Lalouette, Professeur à l'Université Paris XIII.
"Pensée religieuse et pensée laïque au XIXème siècle : la libre-pensée dans la marche vers la séparation."




Commémorations officielles
du Centenaire de la Loi de 1905

Le Premier Ministre a choisi un lieu prestigieux - le Palais de l'Institut de France - et une institution connue pour son sérieux et son indépendance intellectuelle - l'Académie des sciences morales et politiques - pour la commémoration officielle du centenaire de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.

Malgré le consensus qui existe sur les idées générales - principe de séparation, laïcité de l'Etat - la loi de 1905 soulève encore des débats, un siècle après son adoption. Quant au rapport entre le politique et le religieux, force est de constater qu'il reste - ou redevient - un enjeu majeur pour notre société.

Le centenaire de la loi de 1905 est - si l'on ose dire - providentiel, car il nous invite à relire l'histoire de France, à réfléchir sur le principe de laïcité et à en tirer des enseignements pour aujourd'hui.


Calendrier du centenaire de la loi de 1905

14 février 2005 : Séance solennelle de l'Académie pour l'ouverture…

Le protestantisme américain : une clé de compréhension de l’Amérique

Souvenirs de famille : Théodore Monod, de l'Académie des sciences

Ambroise Monod aime à dire dans un style très « Monod » : « Oui, je suis le Fils de Théodore Monod, mais je ne suis pas responsable… »


« Je me sens avant tout l’héritier de la façon de voir le monde qu'avait mon père Théodore Monod; n’ayant pas les compétences pour évaluer son travail scientifique, je remarque simplement que dans la pluridisciplinarité qui le caractérise, ses pairs l’ont toujours considéré comme un spécialiste-encyclopédiste du XXe siècle qui a su réunir en sa seule personne, chose qui ne se fait plus du tout, des disciplines aussi variées que la botanique, la géologie, la zoologie, l’océanographie…"

Théodore est né dans un milieu et avec un héritage très connoté dans le protestantisme français : il est le descendant de cinq générations en ligne directe de pasteurs les plus connus du protestantisme du XIXe siècle et du XXe siècle ; son père, Wilfred Monod, a été une grande figure du protestantisme libéral après avoir inventé, d’une certaine manière, le christianisme social.




Théodore est donc né en 1902 et mort en 2000 ; il a traversé tout le siècle avec lucidité presque toujours; il est né dans un milieu piétiste où la vie spirituelle était très ritualisée, et la vie quotidienne scandée par les temps liturgiques de l’aube au coucher : " il en est resté quelque chose dans la vie des enfants de Théodore puisque nous avons aussi ma sœur, mon frère et moi, vécu avec les échos, les restes de cette…

Symbolique et rhétorique chez Jean-Sébastien Bach

Gilles Cantagrel est musicologue, historien de la musique, enseignant à l'Université Paris-Sorbonne, ancien directeur de France Musique et correspondant à l’Académie des beaux-arts.
Il est l'auteur de la Rencontre de Lübeck (livre auquel Canal Académie a consacré une émission : ). Autres ouvrages : une biographie de Dietrich Buxtehude (éd. Fayard, 2006), Bach en son temps (éd. Fayard, 1997), et de nombreux ouvrages sur la musique.


TEXTE DE LA COMMUNICATION

«Si je me suis permis de proposer à votre Compagnie ce thème de réflexion d’apparence bien sévère, Symbolique et rhétorique dans l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, c’est bien qu’il me paraît très largement dépasser le seul cas particulier d’un certain compositeur de musique, pour évoquer une question générale, qui n’a cessé d’agiter les esprits : la musique n’est-elle qu’un objet de délectation en soi, ou, en des contextes et des époques donnés, peut-elle aussi se parer du pouvoir de dire, ou de signifier.
«Le débat ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, au XVIIIe siècle, devant l’éloquence persuasive d’une musique instrumentale qui défiait son entendement, Fontenelle pouvait l’apostropher : « Sonate, que me veux-tu ? ». Qu’est donc ce qui me paraît ainsi être un « langage » sonore, qu’aucun mot ne vient éclairer et qui pourtant me touche, semble me parler, éveille ma vie affective, met en mouvement mon âme ? Ce mouvement, cette é-motion, que régissent les lois de la rhétorique, depuis Cicéron et Quintilien.
«À la fin du même siècle, l’esthéticien français Chabanon affirme l'universalité de la…

Rembrandt, peintre du secret des âmes

Jusqu’au 23 janvier prochain, le musée Jacquemart-André, propriété de l’Institut de France propose l’exposition “Rembrandt intime”. Pierre Curie, conservateur du musée et co-commissaire de l’exposition, explique ici son objectif : présenter l’évolution de l’œuvre du maître hollandais qui, au-delà du célèbre clair-obscur, excellait à révéler, dans ses toiles et ses gravures, l’intimité des âmes.

Sous la direction d'André Vauchez : Prophètes et prophétisme d’hier à aujourd’hui ….


Comment définir le prophétisme ? Avant tout par trois éléments :
- 1 : il est un contre-pouvoir
- 2 : qui s’instaure en réponse à une angoisse collective et un sentiment d’impuissance face à l’histoire
- 3 : et qui offre une perspective d’avenir pour éclairer les temps futurs.

Peut-on (telle sera l’une de nos questions) considérer le prophétisme comme « un mal nécessaire » ? Il prédit l’avenir mais le fait-il pour tous ou pour un petit cercle d’initiés ? Est-il un aiguillon nécessaire pour faire un rappel à l’ordre aux institutions quand celles-ci dérivent, s’embourgeoisent et finissent par corrompre le message religieux originaire ou, au contraire, vise-t-il à détruire les institutions au profit d’une spiritualité désincarnée, incandescente, apocalyptique ?


Le recul historique nous fait remonter au prophétisme biblique apparu à la fin du IXe siècle avant notre ère. Samuel intronise le roi. David est rappelé à l’ordre par Nathan. Elie prouve sa supériorité face aux 450 prophètes de Baal. Mais le prophétisme s’achève avec la venue de Jésus le Christ. Pourquoi se poursuit-il ? Comment réapparait-il avec la vocation monachiste ? Comment comprendre (à partir du Xe siècle) ces figures de l’anté-Christ ? Au XIIe siècle, Hildegarde de Bingen et Joachim de Flore vont faire renaitre un prophétisme charismatique. Savonarole, à partir de 1484, combat le pouvoir corrupteur des Médicis, en appelle à une pauvreté nécessaire et à des mœurs plus austères. Il finira excommunié par le pape Alexandre VI (un pape Borgia doué…

Le Parvis des Gentils, la rencontre entre croyants et non croyants

1. Le christianisme ou la « religion absolue »

C'est Hegel qui appelait le christianisme « la religion absolue ». La formule scandalise notre époque qui aime noyer le poisson, et avec lui le signe du poisson. On la comprend comme une prétention à « posséder la vérité », comme on dit pour s’en défendre. Et pourtant, cela me semble vrai, voire d’une évidence banale, pour peu que l’on donne aux mots leur sens, tout leur sens, et surtout rien que leur sens. « Ab-solu », ab-solutus, est un doublet de « ab-sous », délivré du lien des péchés qui l’entravaient. « Absolu » veut dire qu’une chose est déliée, dégagée de tout ce qui n’est pas elle. Or, le christianisme a justement cette particularité remarquable qu’il est une religion qui n’est qu’une religion, une religion et rien d’autre. Les autres religions sont des religions et… à chaque fois autre chose. Le bouddhisme, s’il est une religion—et certains préfèrent éviter ce mot—est une religion et une sagesse, le shintoïsme est une religion et un légitimisme, le judaïsme est une religion et un peuple, l’islam est une religion et une loi.


Le christianisme n’est pas une loi. La distinction entre les normes (dont le droit et la morale) d’une part et d’autre part la religion est nette dans le christianisme, beaucoup moins dans les autres religions. L’historien Fustel de Coulanges l’a écrit en 1964 dans son grand livre sur La Cité antique : « Le christianisme est la première religion qui…

Jésus de Nazareth par Joseph Ratzinger-Benoît XVI

Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927, pape depuis la mort de Jean-Paul II, a été reçu le 6 novembre 1992 à l’Académie des sciences morales et politique. Dans ce second des trois tomes qu’il devrait consacrer à l’histoire de Jésus, il passe en revue les différents épisodes de la vie du Christ, relatée dans les Évangiles qui vont jusqu’à sa mort et sa résurrection. Le troisième tome, lui, sera consacré, à l’enfance de Jésus.

Alain Besançon, spécialiste du communisme, du totalitarisme et auteur d'un ouvrage intitulé Trois tentations dans l’Eglise, est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et, lui aussi, membre de l’ASMP – et ce depuis 1996. Il vient de faire paraître, en 2010, Cinq personnages en quête d’amour.
Dans cet entretien, il met en lumière différents points saillants du livre de Joseph Ratzinger-Benoit XVI (car, l’auteur signe sous ses deux noms – ce qui est unique dans l’histoire de la papauté) :

- Pour le Pape, Jésus n’était pas un acteur politique ni un révolutionnaire et encore moins un adepte de la violence. Il n’est donc pas un zélote mais prône, dit-il, « le zèle de l’amour qui se donne ». Cette rectification va à l’encontre de toute une tradition chrétienne qui est, pour Alain Besançon, une des tentations de l’Église.
- Pour le Pape il importe de sortir des impasses d’une lecture stricto sensu symbolique de la Bible (faite, surtout, par Rudolf Bultmann). Non pas la refuser mais ne pas s’en contenter –…

En hommage à Pierre Chaunu "homme immense et puissant"

Le jeudi 22 octobre 2009, on apprenait avec tristesse le décès de l'historien Pierre Chaunu, membre de l'Académie des sciences morales et politiques où il siégeait, depuis le 11 janvier 1982, dans la section Histoire et Géographie, ayant succédé à d'éminents historiens, de Guizot à Lucien Fèvre.



Le lundi suivant, 26 octobre, le président Jean-Claude Casanova ouvrait la séance de l'Académie en évoquant la mémoire de Pierre Chaunu et en faisant respecter par ses confrères une minute de silence.

" Mes chers confrères,

Une bien triste nouvelle nous afflige depuis vendredi.
Nous avons appris le décès de notre très aimé confrère Pierre Chaunu.

Il s’est éteint le 22 octobre au soir, à son domicile à Caen, après la longue maladie que vous savez et qui nous peinait autant que nous manquait sa chaude éloquence à nos séances du lundi. Ses obsèques seront célébrées demain, dans l’intimité, au temple de Courseulles-sur-mer dans le Calvados.
Vous me permettrez de vous lire la lettre que Madame Huguette Chaunu, son épouse, a bien voulu adresser à notre secrétaire perpétuel et à moi-même :

Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Pierre Chaunu, mon époux, est décédé hier soir à 23 heures à son domicile, après une douloureuse maladie qu’il a supportée avec courage et lucidité. Mes deux filles médecins et moi-même ne l’avons pas quitté. Hospitalisé après une chute, lundi 12 octobre (humérus droit brisé), nous avons demandé son hospitalisation à domicile, avec l’assentiment des médecins puisqu’il était impossible de l’opérer.
Beaucoup de démarches…

Le Chemin de Croix des Académiciens

Chaque année, le vendredi avant Pâques, des millions de chrétiens de par le monde, commémorent ce cheminement douloureux effectué par Jésus, le Christ, du moment où il a été condamné à mort jusqu’au moment où il a rendu le dernier soupir.

Traditionnellement, et depuis le XIIIe siècle, ce cheminement s’effectue comme une procession, avec quatorze étapes, qui constituent les quatorze stations du Chemin de Croix. Et il est de coutume de s’arrêter devant chacune d’elles et de méditer sur chaque épisode de la Passion du Christ.

C’est pour aider à cette méditation qu’est paru, en cette période pascale 2008, un petit livre intitulé Le chemin de croix des Académiciens, publié par les éditions Bayard.



Monsieur Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut de France, membre de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, raconte, dans cette émission, comment est née l'idée de ce livre. Le père Matthieu Rougé, curé de la paroisse Sainte-Clotilde (une paroisse située dans le VIIe arrondissement qui englobe l'Assemblée nationale et se trouve ainsi "la paroisse des parlementaires"), en prit l'initiative en parlant de son projet à Maurice Druon et à Gabriel de Broglie.

Quinze Académiciens de l'Académie française, croyants ou non, ont rédigé un texte sur la station de leur choix.
C'est ainsi, pour n'en citer que quelques uns, que Jean-Marie Rouart a médité sur la première station, Jésus est condamné à mort ; Max Gallo, sur la deuxième, Jésus chargé de sa croix ; Pierre Rosenberg, la troisième, Jésus tombe pour la…

“Histoire de la presse : les journalistes dans les drames contemporains”