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- Le programme de la semaine du 18/06/2018 -

Décapitées : une enquête (historique) dans l’Italie de la première renaissance

“L’École pratique des hautes études (1868-2018) : l’érudition dans le débat public et ses rapports avec l’opinion.”

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

Vers à mettre en chant, un poème de Nicolas Boileau,

Moyen Âge et Renaissance dans les leçons inaugurales du Collège de France

De Michelet à nos jours, les leçons inaugurales consacrées à l'époque médiévale se sont succédées au Collège de France, chacune reflétant le témoignage d'une époque et d'une évolution intellectuelle. Partagé entre le romantisme et le positivisme, l'étude de cette période de notre histoire révèle la richesse intellectuelle d'une institution méconnue et aux membres prestigieux: Gilson, Febvre, Lecoy, Braudel, Duby...

Dans un ouvrage de haute-volée paru aux éditions Fayard, Pierre Toubert et Michel Zink nous offrent l'occasion de saisir un savoir menacé par le dérive utilitariste des sciences. Donner un sens aux choses, trouver des clés d'explication des mondes et des hommes : tel est le grand défi que présentent, depuis plus d'un siècle et demi, l'histoire médiévale et l'histoire de la Renaissance.

A propos de Michel Zink

- Membre des Inscriptions et des Belles Lettres, Michel Zink est philologue, spécialiste de littérature de la France médiévale aux XIIe-XIVe siècles (poésie lyrique, en particulier pastourelle ; romans, notamment Jean Renart, Chrétien de Troyes ; Rutebeuf); de littérature religieuse (sermons en langue romane, contes); d'historiographie (Froissart). Auteur de très nombreux ouvrages dont certains ont été présentés sur Canal Académie ici. Michel Zink est titulaire de la chaire Littérature de la France médiévale au Collège de France.

Ses dernières publications

- Naissance, Renaissances. Moyen Âge – XVIe siècle, dirigé par Frank Lestringant et Michel Zink (Histoire de la France littéraire, sous la direction de Michel Prigent), Paris, PUF, 2006, 1063 p.
- Froissart dans…

" La Civilisation de la Renaissance en Italie "de Jacob Burckhardt : un saisissant tableau du Quattrocento

Robert Kopp, professeur à l'université de Bâle et à l'université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste de l'histoire de la littérature et des idées des XIX° et XX° siècles, est l'auteur de nombreux travaux notamment sur Balzac, Baudelaire, Les Goncourt, André Breton et Pierre Jean-Jouve.

Un historien de la culture

Burckhardt, né à Bâle, appartient à une vieille famille de théologiens protestants. Sa formation fut germanique mais c'était l'Italie sa patrie d’élection. Il la parcourut du Nord au Sud, généralement en calèche, à dos de cheval, ou même à pied. Il voyageait lentement, prenait des notes et dessinait. Il était à la fois historien et historien de l’art, et ne voulait pas distinguer les deux : c'était un « historien de la culture » car pour lui, la culture était un ensemble.

Michelet et Burckhardt

Et Robert Kopp de présenter la distance qui séparait les deux historiens : il faut resituer Jules Michelet et Burckhardt dans le XIXe siècle, le siècle de la religion du progrès. N'oublions pas  qu’en France, c’est le siècle de l’industrialisation, des chemins de fer, des expositions universelles, qui sont comme autant de grandes messes célébrées à la gloire du progrès ; un progrès à la fois matériel, scientifique, technique. Michelet croyait, comme Victor Hugo, au progrès. Burckhardt, non.
Il était plutôt du coté de Baudelaire et de Flaubert, qui ne croyaient pas au progrès. On avait beau changer les conditions matérielles de la vie…

Maximilien d'Autriche : entre Moyen-Âge et Renaissance

Il y a quelques semaines, à l’occasion de la rencontre des Académies européennes à l’Institut de France, le prince Otto de Habsbourg prononçait un discours sur l’universalité dans l’esprit européen. Peut-être pensa-t-il à un de ses lointains aïeul, Maximilien d’Autriche. Né en 1449, mort en 1519, Maximilien fut à la charnière de deux époques, celle des temps médiévaux et celle de la Renaissance. Grand-père de Charles Quint, gendre de Charles le Téméraire qui dominait l’Europe à la tête de la Bourgogne, il donna à l’Autriche une vocation : Austriae Est Imperare Orbi Universo « Il revient à l’Autriche de commander le monde… » . Telle était sa devise.
Largement contesté en son époque, prophète sans gloire en son pays… Il n’est pourtant pas exagéré de faire de lui le véritable fondateur de cette dynastie, celle des Habsbourg, qui allait faire partie des grands d’Europe, parfois les dominer, ceci jusqu’à l’aube du XXème siècle. Louis XIV en son temps le blâma pour sa politique matrimoniale qui allait avoir des conséquences durables dans l’histoire politique européenne. L’historiographie, elle, bien plus sévère, le jugeant prétentieux, étrange et même fantasque…

Qui fut donc Maximilien Ier, empereur allemand ? Fut-il conservateur ou au contraire réformateur en ce temps de transition? Quelles furent les forces intérieures et extérieures auxquelles il dut faire face avec ou sans succès ? Que peut-on retenir de son règne et qu’a-t-il transmis à ses descendants et à ses sujets? C’est ce qu'Un jour dans l'Histoire vous propose de découvrir avec Francis…

Les Primitifs italiens - La collection du musée d'Altenbourg

Après le succès en 2000 de l’exposition consacrée aux collections des Primitifs Italiens rassemblées par Nélie Jacquemart, le musée Jacquemart-André présente cette fois la collection d’Altenbourg
Les PRIMITIFS ITALIENS réunie par le baron allemand Bernard von LINDENAU au XIXe siècle.
Cet homme politique et diplomate fut élu en 1817 à l’Académie des sciences pour ses travaux d’astronomie.
Par ailleurs, il se distingue comme amateur d’art éclairé et ouvre en 1848, dans sa ville natale d’Altenbourg, au sud de Dresde, une vaste demeure de style classique afin d’y exposer ses collections d’œuvres d’art et de favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture.




Il s’agit d’une collection d’œuvres exceptionnelles de la pré-Renaissance et de la première Renaissance italienne, l’une des plus importantes collections de Primitifs italiens hors d’Italie.

Nicolas Sainte Fare Garnot nous fait l’amitié de nous guider à travers les huit salles.
Le parcours suit la chronologie des œuvres réparties entre l’Ecole de Sienne et l’Ecole de Florence. Elles vont des années 1280 jusqu’au début du XVe siècle.

L’Ecole de Sienne

Fin du XIIIe et début du XIVe siècles :
Dès le début du XIIe siècle, l’autonomie communale acquise par la ville de Sienne et le développement d’une activité commerciale de caractère international favorisent l’essor d’une école artistique bien affirmée.

Voici les principaux artistes sur lesquels Nicolas Sainte Fare Garnot pose son regard :

Deodato di ORLANDO, La Vierge à l’Enfant trônant entre deux Archanges, vers 1290-1300, où on sent nettement l’influence byzantine.




Pietro LORENZETTI – Christ de Pitié,…

La renaissance des XII et XIIIe siècles: la chevalerie et la culture (1/2)

« La Renaissance a eu lieu au XIIe siècle. Elle a atteint sa plénitude au siècle suivant, et s’est prolongée jusqu’à la fin du Moyen-Âge et au-delà. Pourtant nous l’avons placée à tort au XVIe siècle (…) C’était faire fi du vaste mouvement de renouveau culturel qui depuis au moins les années 1100, animait l’Occident. » Pour ceux qui en doutaient, Martin Aurell vient de publier un livre d'une grande érudition sur le développement des savoirs aux XIIe et XIIIe siècles. L'auteur réalise un véritable tour de l'Europe occidental afin d'illustrer et d'asseoir son propos grâce à de nombreux exemples en Italie, en Angleterre, en France ou sur la Péninsule ibérique...

Dans cette première émission consacrée à ces chevaliers lettrés, il décrit tout d'abord l'instruction et l'éducation du futur chevalier, son alphabétisation et sa scolarisation. Dans cette transmission, les parents -et notamment surtout la mère- jouent un rôle déterminant. Naturellement ces milieux se distinguent du clergé par l'utilisation non pas du latin mais de la langue vernaculaire comme une langue de savoir. Néanmoins, dans cette société religieuse, les enfants sont aussi confiés aux cloîtres afin de développer leurs connaissances. Non pas tant pour rentrer dans les ordres, mais surtout afin de se préparer à la reprise des affaires d'un père ou simplement répondre aux exigences d'un père qui ne saura voir son fils rester un rustre.

Dans un deuxième temps, Marin Aurell nous invite à découvrir les lieux de la culture ainsi que les vecteurs de cette culture: grande salle…

La renaissance des XII e et XIIIe siècles : la chevalerie et la culture (2/2)

« La Renaissance a eu lieu au XIIe siècle. Elle a atteint sa plénitude au siècle suivant, et s’est prolongée jusqu’à la fin du Moyen Âge et au-delà. Pourtant nous l’avons placée à tort au XVIe siècle (…) C’était faire fi du vaste mouvement de renouveau culturel qui depuis au moins les années 1100, animait l’Occident. » Pour ceux qui en doutaient, Martin Aurell vient de publier un livre d'une grande érudition sur le développement des savoirs aux XIIe et XIIIe siècles. L'auteur réalise un véritable tour de l'Europe occidentale afin d'illustrer et d'asseoir son propos grâce à de nombreux exemples en Italie, en Angleterre, en France ou sur la Péninsule ibérique...

Dans cette seconde émission, Martin Aurell décrit l'incidence du renouveau culturel sur les mœurs et la société médiévale. Sur la société guerrière tout d'abord, les mœurs et la politesse, la vie religieuse enfin. Il nous emmène à travers l'Europe, de l’Île de France au Nord de l'Italie, de la petite île de Majorque à l’Oxfordshire en Angleterre, à la recherche de cette noblesse qui, peu à peu, se transforme sous l'influence du clergé. Les lettres, comme la musique, adoucissent les mœurs et révolutionnent littéralement la société. La maîtrise du geste et de la parole, le raffinement et le contrôle de soi, la piété même du guerrier sont autant de révélateurs des mutations qu’a vécu la société médiévale.




Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Poitiers, membre de l’Institut universitaire de France, Martin Aurell dirige la revue Les…

François Ier : « Du roi guerrier au roi mécène »

En cette année de célébration nationale, François Ier est à l’honneur au Domaine de Chantilly à travers une exposition exceptionnelle retraçant, jusqu’au 7 décembre, la façon dont le vainqueur de Marignan a œuvré au service de la culture et de l’humanisme. « Prince de la Renaissance par excellence, il sut s’entourer d’érudits et de savants, attirant à lui les plus grands artistes de son temps. Il œuvra comme jamais à l’enrichissement des collections royales, encouragea la diffusion du livre et stabilisa la langue », explique notamment Olivier Bosc, conservateur de la bibliothèque et des archives du Château de Chantilly.

Jacques Paviot : L'idée de croisade à la fin du Moyen Âge






Le mot croisade apparaît à la fin du XIIIe siècle dans les langues européennes, même s'il est déjà connu en castillan. Il fait son apparition en latin vers 1380 et en français en 1475. À l'époque nul besoin de le définir, on parlait de «saint voyage» et de « saint passage». Il était synonyme de libération et de reconquête des Lieux saints et dans une tendance plus universelle, de prédication. Ainsi l'héritage de la Terre sainte fut une notion clef chez les chroniqueurs du Moyen Âge dès 1290 chez Fidence de Padoue. Au XIIIe siècle, les ordres mendiants reçurent pour tâche de prêcher la croisade. Dans les textes qui nous sont parvenus de Raymond Lulle, de Philippe de Mézières, du grand maître de l'Hôpital Foulque de Villaret, de Fidence de Padoue ou encore de Jean Germain, l'historien Jacques Paviot nous parle de la théorie de deux glaives, de la réaction aux injures, du thème du sang versé par la Christ et par les Sarrazins, de la prophétie et des justifications de la croisade données par ces différents auteurs. Jacques Paviot pense qu'en effet, qu'à cette époque on ne pensait pas la croisade comme une guerre sainte, sources à l'appui. Seul Fidence de Padoue s'est intéressé à la nature de la guerre qu'il fallait mener.


Jacques Paviot rappelle que le grand penseur musulman Ibn Khaldun, dans la Muqqadina, pensait que la guerre sainte n'est pas une institution religieuse chez les chrétiens car le but du christianisme n'est pas la domination universelle.…

“L’École pratique des hautes études (1868-2018) : l’érudition dans le débat public et ses rapports avec l’opinion.”