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- Le programme de la semaine du 11/02/2019 -

“Les 10 préjugés qui nous mènent au désastre économique et financier”

50 ans de crises financières : causes et remèdes

Aujourd’hui conseiller auprès du président de BNP-Paribas, Jacques de Larosière, membre de l’Académie des sciences morales et politiques a fait toute sa carrière au sommet des plus grandes institutions financières. Successivement directeur du Fonds monétaire international, gouverneur de la Banque de France, puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il a vécu, en première ligne, nombre des crises qui, depuis près de 50 ans, émaillent l’histoire économique et financière mondiale de la chute du système de Bretton Woods à celle de Lehman Brothers. Une expérience unique qui lui permet d’en appeler à des changements salvateurs, notamment en France, car ce serait une dangereuse illusion de croire que le désordre monétaire mondial peut nous exonérer de remédier à nos propres déséquilibres structurels.

"Les Banques françaises dans le monde " par Michel Pébereau

Depuis 20 à 25 ans, l'industrie bancaire française s'est profondément restructurée. Cinq groupes de services bancaires et financiers se sont constitués selon un modèle qui s'est révélé très efficace pendant la crise financière. Ils sont aujourd'hui confrontés aux choix qui résultent des changements rapides et profonds de leur environnement international et concurrentiel :
- les contraintes des nouvelles régulations prudentielles ;
- le choc de la crise des dettes souveraines de la zone euro ;
- le défi du développement de la rentabilité dans un contexte renouvelé sur le plan concurrentiel ;
- le besoin de rétablir la confiance de l'opinion.

Ces évolutions sont à la fois sources d'opportunités et de risques pour ces grandes banques.

Michel Pébereau montre dans sa communication que l'industrie bancaire est un atout pour la France dans la mondialisation. Le modèle de ces cinq groupes bancaires et financiers a résisté à la crise de 2007/2008.
En 2013, les Banques françaises appliquent les nouvelles règlementations avec un peu d'avance sur le calendrier prévu. Elles continuent d'aider leurs clients nationaux et jouent un rôle contra cyclique en cette période de crise actuelle, alors que ce n'est pas le cas des banques européennes voisines. Développer les rentes pour sortir de la crise, constitue pour les banques un véritable défi. Il n'existe que quelques banques capables de tenir tête aux banques américaines dont les grandes banques françaises qui s'appuient davantage sur le concept de "supervision" plutôt que sur celui de "régulation" adopté par le monde anglo-saxon. Les banques françaises…

Xavier Darcos à l’OCDE : pour une éducation financière à l’école

Le 20 mai 2009 Xavier Darcos, alors Ministre de l'Education nationale, intervenait à l'occasion d'une conférence à l'OCDE sur le thème L'éducation financière, une réponse possible à la crise ?. Écoutez son discours et son engagement qui a permis la signature entre l'IEFP (Institut pour l'Education Financière du Public) et l'Education nationale d'une convention-cadre officialisant un partenariat au profit de l'éducation financière des jeunes.




Une convention cadre pour une meilleure compréhension de la finance par les jeunes

La culture générale du grand public en matière économique et financière s'inscrit, dès l'école et jusqu'au secondaire. La convention-cadre a précisément pour objet d'aider les enseignants à traiter ces sujets dans les
enseignements dispensés aux élèves. L'IEFP pourra notamment proposer et faire connaître aux professeurs les ressources pédagogiques créées à cet effet avec des enseignants en exercice. Une trentaine de ces outils ont déjà été développés avec des professeurs de mathématiques et d’économie.


Lors de la conférence, une dizaine d'intervenants internationaux de haut niveau ont permis de souligner la nécessité de dispenser information et pédagogie financières à tous les niveaux et dans tous les pays. Une des tables-rondes a mis l’accent sur l’importance d’en introduire les premières bases dès l'école. Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a rappelé l'importance que son organisme attache à ce sujet.



En savoir plus :

- Ecoutez une précédente émission sur l'IEFP A propos de l'IEFP :
L'Institut pour l'Education Financière du Public (IEFP) est une association d'intérêt général qui a pour objectif de…

« La régulation financière face à la mondialisation des acteurs et des marchés financiers »

Les lames de fond se rapprochent : le cri d’alarme de Jacques de Larosière

Réflexions sur l’histoire de la mondialisation

Si l’on compare l’intensité des mouvements transfrontières d'avant guerre à celle que nous connaissons depuis 20 ans, on s’aperçoit que la « mondialisation » était, dans l’ensemble, plus avancée qu’elle ne l’est aujourd’hui :

- le stock de capital étranger rapporté au PIB des pays en développement a atteint jusqu’à 30 % en 1914 (le chiffre est aujourd’hui de l’ordre de 20 %) ;
- l’intégration commerciale internationale (exportations de marchandises rapportées au PIB mondial) était certes moins avancée que celle qui existe aujourd’hui (8 % contre 18 %) mais comparable à celle des années 70 ;
- quant à l’immigration, elle était nettement plus importante qu’aujourd’hui (9 millions d’immigrants aux Etats-Unis dans la décennie 1900-1910 contre 7 millions aujourd’hui).

Il en est de même pour le système monétaire international :

L’étalon-or constituait la monnaie internationale dans laquelle se réglaient les transactions transfrontières. Tous les pays (à l’exception de la Chine et de la Perse) étaient liés par un seul étalon monétaire.
De ce fait, beaucoup plus qu’aujourd’hui (où les monnaies nationales prévalent et dont les taux de change fluctuent), le capitalisme était vraiment « global ».

Pourtant, malgré les gains considérables réalisés pendant ces 65 ans en termes d’emplois, de productivité, de croissance économique, et de niveau de vie, le monde a connu des problèmes et des tensions :

- la montée des pouvoirs militaires en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, avec l’expansion territoriale et coloniale qu’elle a entraînée, a causé des oppositions, des conflits ethniques et des…

Jacques de Larosière : Le hasard ou l’alea moral

Cette communication a été présentée devant l'Académie des sciences morales et politiques lors de la séance du lundi 14 mars 2011. le texte proposé ci-dessous n'est qu'un résumé. Pour le lire en intégralité, consulter le site de l'Académie www.asmp.fr

"L’origine et la définition de l’expression - assez énigmatique – d’aléa moral ou de « hasard moral » (selon l’anglais : « moral hazard ») méritent une explication. Ce concept a pris naissance dans le monde des assureurs qui ont cherché à savoir si les comportements (« moral behaviour ») de leurs clients pouvaient être influencés par l’existence de contrats les protégeant contre divers types de risques. Serait-il possible que certains assurés se montrent moins prudents, voire prennent délibérément des risques auxquels ils ne se seraient pas normalement exposés sans assurance ?

Une telle déviation de comportement se manifeste-t-elle effectivement ? Dans l’affirmative, peut-elle revêtir une importance significative ?

Cette notion d’aléa moral peut avoir une portée plus générale. Si les individus sont persuadés que les pouvoirs publics interviendront toujours pour les protéger en cas de péril, certains d’entre eux (ou nombre d’entre eux) peuvent être tentés de relâcher leur prudence naturelle. Si l’État a tendance - comme c’est de plus en plus le cas - à intervenir systématiquement, notamment en vertu du principe de précaution, on conçoit, par exemple, que certains assurés sociaux puissent se montrer moins stricts quant à leurs règles d’hygiène. De même, des alpinistes, ou autres amateurs de sports dangereux, peuvent-il être tentés…

Le bilan de la crisepar Michel Pebereau, Bertrand Collomb, Jacques de Larosière, membres de l’Académie des sciences morales et politiques ainsi que Jean-Philippe Cotis et Michel Didier

Cette émission est la retransmission de cette séance inhabituelle. Elle permet d'écouter, dans l'ordre, les cinq intervenants qui ont présenté, devant l'Académie des sciences morales et politiques, un bilan de la crise à la fin de l'année 2009.

Michel Pebereau est intervenu en premier pour rappeler que le système économique et financier a été ébranlé par de multiples facteurs (erreurs, inefficacité, illusions etc.). Les déséquilibres sont nés aux Etats Unis où les établissements financiers avaient pris des risques inconsidérés. La crise a révélé que les régulateurs avaient été défaillants et les systèmes de contrôles affaiblis. Il a évoqué la question des liquidités (l'illusion des liquidités) ainsi que celles des normes comptables et celles des agences de notation, largement responsables de l'accélération de la crise.
Si le pire a pu être évité grâce à l'intervention massive des banques centrales et des Etats, si la recession n'est pas devenue une depression, le monde financier dans son entier a subi une perte de confiance inouïe.
"Beaucoup reste à faire" avoue Michel Pebereau. Pour atteindre une croissance durable et équilibrée, il reste bien des obstacles à surmonter et bien des désordres monétaires à conjurer.
Il analyse ensuite la question de la croissance économique, différente selon les pays. Partout, dit-il, la question budgétaire est posée, les déficits publics creusés. Il reste donc à faire de nombreux efforts structurels. Il faut rétablir la confiance dans les banques, sauver les entreprises menacées, renforcer les contrôles mais ne pas les rendre trop contraignants, autrement dit les repenser.

Qu'en…

Jacques de Larosière : la fin de la dictature des marchés ?

I. Quelques illustrations de ce que l’on appelle parfois le gonflement excessif de la « sphère financière »

• La « finance » Total de la capitalisation boursière, du stock d’obligations et de l’actif des banques en 2009 (source FMI). représente 4 fois le PIB mondial.


• Les profits Les profits des 1.000 plus grandes banques mondiales sont passés de 300 milliards $ en 2000 à 800 milliards en 2008. Voir Andrew Haldane : “The Contribution of the Financial Sector : Miracle or Mirage”, Bank of England (Chart 4), July 14-2010. des institutions financières aux États-Unis ont représenté, avant la crise, jusqu’à 30 % du total des bénéfices de toutes les entreprises, alors que la valeur ajoutée de ces institutions dans le total du PIB américain était de l’ordre de 8 % (contre 3 % en 1950)Voir Andrew Haldane, déjà cité,chart 3.


• Les retours sur capital des grandes institutions financières mondiales ont progressé jusqu’à dépasser 20 % en moyenne, soit à peu près deux fois le chiffre du secteur non financier. Voir Andrew Haldane, déjà cité. Chart 18.


• Le « leverage » des banques (multiplicateur-crédit des fonds propres) a atteint, avant la crise, des proportions inconnues dans l’histoire (des taux de levier de 50 à 100 fois alors que les moyennes anciennes étaient plus près de 10 à 20).Voir Andrew Haldane, déjà cité, Chart 25. La dette des institutions financières aux Etats-Unis est passée d’environ 20 % du PIB en 1983 à 120 % en…

Jean-Claude Trichet : dans la zone euro, rétablir des finances saines pour un retour à la croissance

La crise des finances publiques n’est pas finie ; elle est jugulée. Elle aura été la plus violente depuis la Seconde Guerre mondiale, elle aurait pu être pire encore, dit Jean-Claude Trichet, si les Etats-Unis, d’un côté de l’Atlantique, et les Européens, de l’autre, n’avaient pas mobilisé l’équivalent de 27% de leur Pib en financements et en garanties de toutes natures.

Cela ne pouvait pas ne pas se traduire par le redressement impératif des finances publiques des Etats souverains. Or ces plans de rigueur budgétaire ont provoqué des mouvements d’opinion hostiles dans de nombreux pays de la zone euro. Pour ne prendre que les exemples les plus récents, on peut citer : la défaite de la chancelière allemande aux élections locales, celle du président français ; mais aussi la victoire électorale de l’opposition en Irlande ou la censure du gouvernement au Portugal.


Crise de confiance ?

C’est tout le problème. « Chacun est responsable de soi-même », observe Jean-Claude Trichet. Quand il examine globalement la situation de la zone euro, en « consolidé », il constate que les soldes budgétaires sont maîtrisés, mais cela masque des situations très contrastées d’un pays à l’autre. « Il y a eu des extravagances », admet-il en soulignant la nécessité du rétablissement des équilibres budgétaires, préalable indispensable au retour de la confiance pour la création de richesses et d’emplois.




« Sans finances publiques saines et crédibles, dit-il, il n’y aura ni stabilité ni retour de la croissance. »

Et pour obtenir ce résultat, le…

“Les questions morales et philosophiques soulevées par la stratégie de dissuasion nucléaire”

“L’art de la tapisserie”

La recherche, une passion éclairée par la littérature

Plus ne suis ce que j’ai été, de Clément Marot