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- Le programme de la semaine du 11/11/2019 -

Une Histoire de flou : l’aventure de l’astrophysique contemporaine

Installation de Gérard Garouste

Ils m’ont dit, d’André Spire

L’essentiel avec ... Pierre Léna


L’invité de notre série « l’Essentiel avec... » est aujourd’hui l’un des grands noms français de l’astrophysique : Pierre Léna, membre de l’académie de sciences depuis 1991. Académie au sein de laquelle il a exercé avec autant de persévérance que d’à propos de 2006 à ces dernières semaines les fonctions de délégué à l’éducation et à la formation.

Première question : Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été à vos yeux, le moment essentiel ?

- Pierre Léna : Je crois qu’il y en a eu plusieurs : les moments de l’enfance, qui sont très intenses parce que ce sont des sensations qui vont traverser toute l’existence, des émotions devant le monde physique, la lumière, la couleur, le ciel, les étoiles... Et puis plus tard des moments d’émotions professionnelles, par exemple au foyer des très grands télescopes lorsque l’on passe une nuit au Chili sur une haute montagne et que l’on attend les données avec un instrument que l’on a construit à la sueur de son front durant un certain nombre d’années.

- Jacques Paugam : Vous avez été au cœur d’un projet très important, le nouveau télescope européen justement installé au Chili. Est-ce qu’on peut dire que sur ce plan là au moins l’Europe existe, sur le plan de l’astrophysique ?

- Non seulement on peut mais on doit le dire ! Parce que ma génération a vécu l’après-guerre. Au début des années 60 quand je sortais tout juste de l’Ecole Normale Supérieure, notre sentiment était…

Trinh Xuan Thuan ou l'astronomie pour les poètes

Le Prix mondial Cino del Duca 2012 a été attribué au Professeur Trinh Xuan Thuan, écrivain et astrophysicien, qui enseigne à l’université de Virginie.
Après avoir récompensé des personnalités littéraires telles que Mario Vargas Llosa, Milan Kundera, ou Patrick Modiano, le jury a décidé de lui remettre ce prix mondial 2012 pour son travail de vulgarisation scientifique en langue française.

Trinh Xuan Thuan : « Ce Prix représente pour moi un encouragement à continuer mon œuvre de vulgarisation scientifique. Dans un monde qui dépend de plus en plus de la science et des technologies, il est vital que les citoyens aient une compréhension basique afin que nous puissions tous réfléchir ensemble à l’avenir de la planète. J'étais très honoré que l'Institut de France me remette ce prix pour mon dernier livre « Le cosmos et le lotus » mais aussi pour l’ensemble de mon œuvre ; j'écris tous mes livres en français, et le fait que l'Académie française me décerne ce prix, représente pour moi un très grand honneur. »









Originaire de Hanoï (Vietnam), le professeur Thuan a été scolarisé au lycée français de Saïgon. Il y a appris le français, langue dans laquelle il a rédigé ses ouvrages de grande diffusion sur l’astrophysique.

Spécialiste de l’astronomie extragalactique de renommée internationale, il a découvert la plus jeune galaxie connue de l’Univers grâce à des observations faites avec le télescope spatial Hubble. Il est professeur d’astrophysique à l’Université de Virginie où il dispense, en particulier, un cours d’astronomie pour les poètes.…

Pierre Léna ou la Quête scientifique

Délégué à l'éducation et à la formation, Pierre Léna est fortement engagé dans la rénovation de l'enseignement des sciences à l'école et au collège. Il est impliqué depuis 1996, avec Georges Charpak et Yves Quéré dans l'opération "La Main à la Pâte" qui promeut l'enseignement de la science dans les écoles primaires.

Il est l'auteur de plusieurs livres, dont Les Sciences du Ciel (Flammarion, 1996) et, en collaboration, Le Trésor, Dictionnaire des Sciences. (ouvrage collectif dirigé par M. Serres et N. Farouki, Flammarion, 1997), L'enfant et la science. L'aventure de la Main à la Pâte (avec G. Charpak et Y. Quéré, Odile Jacob, 2005).

Partisan d'une culture générale au sens ancien du mot qui va des Grecs et des Romains à l'Humanisme, de la Renaissance au XVIIe siècle et au Siècle des Lumières, Pierre Léna s'écrie : «Cette distinction très française entre littéraires et scientifiques m'est toujours apparue comme une catastrophe !»

En savoir plus sur :

- Pierre Léna

- La Main à la Pâte

- Georges Charpak, Pierre Léna, Yves Quéré, L’enfant et la sciences : L’aventure de La main à la pâte, éditions Odile Jcaob, 2005.




- Retrouvez notre sommaire consacré à la semaine spéciale sur le Ciel et ses merveilles.

Dernières nouvelles du Big Bang

De la lunette de Galilée à l'ELT (1/2)

L'évolution des techniques astronomiques a permis une avancée dans les sciences mais aussi dans le domaine technique et de la civilisation.
Depuis le XVIe siècle où Galilée tourna pour la première fois sa lunette astronomique vers le ciel jusqu'à l'ELT, Extremly large telescope, plusieurs conférenciers ont fait le point sur l'évolution des techniques au cours de la Journée scientifique du Bureau des longitudes en juin 2009.


Dans cette première partie (retrouvez la suite ici) écoutez Yann Clenet. Chargé de recherche au CNRS, docteur en astrophysique, Yann Clenet travaille sur l’étude à haute résolution des noyaux de la galaxie à la fois sur la recherche et le développement des techniques de très haute résolution d’observation.

Jusque dans les années 1950, l’observation du ciel était gênée par la turbulence atmosphérique, qui brouille l’image, en analogie avec la chaleur qui brouille l’horizon.
A cette période, un élément a heureusement été trouvé pour contrecarrer les effets de cette turbulence atmosphérique : les miroirs déformables. En se déformant à l’inverse des vagues de turbulences, ils rééquilibrent l’image ! C’est ce qu’on appelle « l’optique adaptative ».



Avec une image nette, on a ainsi pu vérifier l’existence des trous noirs. On a aussi pu mettre en évidence le déplacement des étoiles selon les lois de Kepler.

Pour remonter toujours plus loin dans la naissance de l’univers deux télescopes ont été mis sur pied avec des miroirs permettant une résolution de plus en plus fine.

Le VLT : Le Very Large telescope est un…

Les observations de Galilée : Vénus, le soleil et la Voie lactée (2/2)

Galilée, rappelons le, est un physicien et astronome du XVII ème siècle, mondialement connu pour avoir conçu sa première lunette astronomique en 1609. Lunettes qui permettront, par la suite, de mieux comprendre le fonctionnement de notre galaxie. Ainsi, cinq scientifiques de renom sont venus présenter à l'Institut de France, l’évolution des différentes découvertes de Galilée, de leur conception à nos jours.

Découverte de Vénus

Galilée fut tout d'abord le premier à observer la planète Vénus avec sa lunette. Il constata qu’elle imitait les phases de la lune et qu’elle avait un éclairement variable en fonction de la phase. Ce qui vint remettre en question le système géocentrique de Ptolémée et de Copernic, puisqu'elle apportait la preuve que Vénus était en rotation autour du soleil. La Terre et Vénus sont souvent décrites comme étant jumelles car elles ont toutes les deux une atmosphère et du dioxyde de carbone. Pourtant leur rotation est différente. C’est ce que vous expliqueront Thomas Widemann et Véronique Dehant dans leur exposé.



Des premières observations du soleil au microsatellite Picard



Jean-Marie Malherbe évoque, quant à lui, le soleil depuis son observation dans la lunette de Galilée jusqu’au lancement du microsatellite Picard, qui devrait avoir lieu en novembre 2009. L'objectif étant de mesurer la luminosité et le rayon du soleil. Il retrace les grands évènements comme les premières observations des tâches du soleil, les mesures de son diamètre, la découverte du cycle des tâches et de sa couronne, les…

“Concorde 001 dans l’ombre de la Lune” : une aventure scientifique et humaine

Catherine Cesarsky, une astrophysicienne à l'heure européenne

Femme libre aux cultures multiples, Catherine Cesarsky change de continent sans aucun problème, toujours accompagnée par son mari Diego. Voici ce que disait le journal Le Monde de l'éminente astrophysicienne française :

« Catherine Cesarsky s'imagine dotée d'un don d'ubiquité qui lui éviterait d'avoir à choisir entre les pays qu'elle a aimés, entre les fonctions qu'elle a embrassées. Il y en aurait une en Argentine, qui prolongerait les années de sa jeunesse à Buenos Aires. Une en Amérique, qui poursuivrait ses travaux d'astrophysicienne dans une université prestigieuse.
La Française dirigerait des équipes et conduirait des projets.
L'Européenne, dans la banlieue de Munich, pourrait ainsi assurer sans regrets la direction générale de l'Observatoire européen austral (ESO), qui gère notamment le Very Large Telescope (VLT), le plus puissant des instruments d'observation terrestres en activité.
Et, comme celui-ci se trouve au Chili, une cinquième Catherine Cesarsky y ferait des séjours beaucoup plus longs que ceux que son emploi du temps lui permet actuellement».
IN Le Monde, 18 octobre 2006, Jérôme Fénoglio.

Remontons le temps. Après la Seconde Guerre mondiale, les parents de Catherine Cesarsky font le choix de partir en Argentine où son père est muté. La culture latino-américaine l’enchante. Si elle fait ses études dans un lycée français, elle fera cependant le choix d’entrer dans une université argentine.
Ce n’est qu’en quatrième année que Catherine Cesarsky se spécialise en astronomie, époque qui correspond à l’arrivée d’un jeune professeur d’astrophysique, Carlos Varsavky. Celui-ci arrive avec un radiotélescope de 30 mètres, en pièces détachées.…

Hubert Reeves : Nous sommes tous des poussières d'étoiles

C'est à partir des années 1970 que Hubert Reeves s'est intéressé à la vulgarisation scientifique, au travers notamment d’explications données à des curieux lors de nuits étoilées de l’été.
Il décide de rédiger plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique. Les premiers livres Soleil et Patience dans l'azur resteront longtemps dans les tiroirs. En effet, Hubert Reeves contacte une trentaine de maisons d'éditions, hélas sans résultat : « Cela n'intéresse personne » entend-il pour toute réponse. La 31e

Introduction aux travaux de l'astronome Giovanni-Domenico Cassini (1625-1712), de l'Académie des sciences

Investi dans l'étude du système solaire de la terre jusqu'au soleil, Giovanni-Domenico Cassini a découvert des objets et des phénomènes tels qu'un certain nombre des satellites de Saturne ou encore la lumière zodiacale. Membre associé de l'Académie royale des sciences en 1669, on lui doit notamment le calcul de la distance Terre-Soleil, les longitudes terrestres ou encore une cartographie de la Lune. Consulté par Colbert pour la construction de l'Observatoire de Paris, il s'y installe en 1671 et participe à la mesure de la méridienne de l'Observatoire. C'est en s'appuyant sur les documents retrouvés dans ces archives que Suzanne Débarbat a pu retracer les différents travaux menés par Giovanni-Domenico Cassini. L'introduction que vous pourrez écouter ici présente les 5 thèmes abordés par ses confrères lors de ce cycle de conférences, à savoir :

- La géodésie
- La distance Terre-Soleil
- La lumière zodiacal
- La rotation de la Lune
- Saturne

Dans son Journal, -auquel elle a eu accès,- l'astronome Giovanni-Domenico Cassini raconte comment la géodésie s'est développée sous l'influence de Jean Picard (1620-1682), l'un des premiers membres de l'Académie des sciences dont les recherches ont été continuées par lui, à l'époque où Louis XIV et Colbert avaient demandé aux membres de l'Académie des sciences d'établir la carte du royaume de France. Cette introduction de Suzanne Débarbat, que vous pouvez écouter ici, s'accompagne d'illustrations rares et variées, que vous retrouverez en fichier pdf à la fin de cet article.



- Visitez le site du Bureau des…

Cosmos : Un cheminement jusqu’aux confins de l’univers

L’astronomie est avant tout une science de la lumière. Françoise Combes nous dresse dans un premier temps les différentes longueurs d'ondes qui peuvent être observées depuis 1957 grâce au développement technologique des sondes, des télescopes et autres satellites. Depuis les simples ondes radio jusqu'aux rayons gamma, sans oublier l'observation des neutrinos, presque tout semble aujourd'hui identifiable.



Parmi les outils prochainement mis à la disposition des astrophysiciens, citons la construction de l'ELT (Extremely Large Telescope) prévu en théorie pour 2015. La pièce maîtresse est un miroir de 42 mètres de diamètre et demeure le plus grand projet européen encore jamais réalisé. L'ELT permettra de regarder toujours plus loin dans l'Univers et de ce fait, de remonter toujours un peu plus près de son origine. (Une maquette du télescope est visible à l'exposition Cosmos)

Mais avant d'en arriver aux origines de l'univers, il nous faut d'abord traverser notre système solaire jusqu'à sa frontière ultime pour y rencontrer le « nuage de Oort ». Françoise Combes vous donne des explications sur ce nuage composé essentiellement de gaz, et situé à quelque 50 000 UA (Unité Astronomique) du Soleil.



Avançons encore un peu plus dans les connaissances. Laissons de côté la composition d'une galaxie (faite de gaz, de poussière, d'étoiles, de planètes...) pour nous intéresser aux filaments.
Il semble que notre univers soit en réalité composé de filaments qui s’agrègent petit à petit, au fil des milliards d’années, en étoiles, puis en planètes potentielles. Ces« cordons ombilicaux cosmiques » alimentent les milliards de galaxies…

Jean-Baptiste Biot, le savant méconnu du XIXe siècle

Jean-Baptiste Biot (1774 - 1862) fut à la fois membre de l’Académie des sciences à 29 ans, professeur de physique mathématique au Collège de France à 26 ans et devint plus tard membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres puis membre de l'Académie française à 82 ans, devenant ainsi l’Académicien élu à l’âge le plus avancé !

Notre savant touche-à-tout a laissé son nom à plusieurs lois physiques (dont la loi de Biot et Savart notamment) et fut le premier à démontrer en optique que les liquides pouvaient dévier le plan de polarisation de la lumière. Il laissa aussi derrière lui un traité d’astronomie de renommée internationale.
Pourtant, il fut critiqué par ses pairs et demeure aujourd’hui inconnu du grand public ; à tort selon Jean-Paul Poirier, physicien, membre de l'Académie des sciences et qui lui a consacré une biographie homonyme Jean-Paul Poirier, Jean-Baptiste Biot (1774-1862) : Un savant méconnu, éditions Hermann, 2011.

Des éloges qui se transforment en critiques

Pour échapper au travail de commerçant auquel le destine son père, Jean-Baptiste Biot commence par s’engager comme canonnier et part dans l’armée du nord dans la campagne meurtrière de Hondschoote (1793). Dans sa besace, il garde cependant un traité de géométrie qu'il consulte régulièrement.
Retourné à la vie civile quelque temps plus tard, il fait son entrée à ce qui s'appellera prochainement l'École polytechnique. Son professeur de mathématiques n'est autre que Gaspard Monge, fondateur de cette grande école.
Le très jeune savant se fait vite remarquer pour…

Jean Kovalevsky, astronome, spécialiste des satellites naturels et artificiels des planètes


C’est en 1951 que Jean Kovalevsky débute ses études supérieures en entrant à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm.
Sorti agrégé de mathématiques en 1954, ce n’est que l’année suivante qu’il se décide à se tourner vers la mécanique céleste, grâce à son professeur André Danjon. Il devient ainsi attaché de recherche pendant cinq ans à l’Observatoire de Paris. Pendant la période 1955-60, il effectue parallèlement 18 mois de recherche à l’université de Yale aux Etats-Unis, où il est en thèse de doctorat.


De retour en France, Jean Kovalevsky occupe pendant dix ans la direction du service des calculs et de mécanique céleste au Bureau des Longitudes. Avec l'évolution technologique, il renouvèle les méthodes de calcul de La connaissance des Temps. Pour rappel La connaissance des temps au XVIIe siècle permettait d'annoncer aux astronomes les principaux phénomènes et à leur fournir les calculs nécessaires aux réductions de leurs observations journalières. On y trouvait les levers et couchers du Soleil, de la Lune et des cinq planètes connues, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, leurs passages au méridien de Paris, leurs longitudes, leurs latitudes et leurs déclinaisons.

Jean Kovalevsky a appliqué ses méthodes de calcul au mouvement des satellites artificiels, ce qui le conduisit à prendre des responsabilités dans le programme spatial français pour les satellites D1A, C et D (en 1967).


Jean Kovalevsky l'explique ainsi :
« J’ai développé avec mes élèves, de nouvelles méthodes de construction de théories analytiques du mouvement des corps célestes en utilisant les nouveaux…

Jean-Loup Puget, Monsieur Big Bang

Deux personnes ont considérablement modifié le parcours de Jean-Loup Puget.
La première c’est Evry Schatzman.
Etudiant en physique théorique, Jean-Loup Puget se destine au départ à la physique des particules et fondamentale. Mais au même moment se développe un nouveau modèle de cosmologie, celui du modèle symétrique matière antimatière de Roland Omnès, professeur de physique à Orsay. « A cette époque, on avait beaucoup de mal à comprendre pourquoi en produisant des particules dans les accélérateurs, elles étaient toujours produites chacune en quantité égale. Dans son modèle Roland Omnès introduit une séparation précoce dans l’univers avec des régions ayant un peu plus de matière et d’autres avec un peu plus d’antimatière. Les deux s’annihilent, laissant juste les petits excès. J’ai trouvé l’idée de Roland Omnès très intéressante. Alors lorsqu’ Evry Schatzman m’a proposé un sujet de thèse sur ce modèle, je me suis précipité ».

En 1973, année de thèse de Jean-Loup Puget, Evry Schatzman part faire une année sabbatique au CERN Le CERN est l’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire. Installée entre la frontière suisse et française, il y repose notamment sous terre un gigantesque collisionneur de particules dont le but est de reconstituer les premiers moments de l’univers en Suisse. Jean-Loup Puget le suit comme stagiaire « C’est le début d’une longue collaboration et amitié avec Evry Schatzman » raconte-t-il. « C’est aussi aussi au CERN que j’ai découvert l’interdisciplinarité entre la physique des particules, la physique théorique et la cosmologie ».


Autre nom qui…

Calibration astronomique des échelles de temps : la théorie de Milankovitch

L'idée que les variations de l'énergie solaire reçue par la Terre pouvaient être responsables des glaciations est apparue très tôt après la découverte de leur existence par les géologues du XIXe siècle. Mais c'est Milutin Milankovitch qui élabora de 1911 à 1957 la théorie astronomique des paléoclimats : elle attribue la succession des âges glaciaires et interglaciaires aux variations des paramètres astronomiques fondamentaux.

A partir des variations des paramètres orbitaux de la Terre calculés par Le Verrier en 1856, et en s’appuyant sur les calculs des variations de l’orientation de l’axe de la Terre effectués par Pilgrim en 1904, il calcule les variations de l'insolation entre 55° et 65° Nord au cours des 600 000 dernières années. Celles-ci font apparaître des variations significatives dont les minimums peuvent être associés aux périodes glaciaires reconnues par les géologues.
Ces travaux resteront controversés jusqu’à la publication en 1976 par James Hays, John Imbrie et Nick Shackleton d’une corrélation importante entre les données isotopiques O18/O16 enregistrées dans les sédiments marins et les calculs des variations d’insolation. L'analyse spectrale des courbes obtenues met en évidence l'existence de plusieurs périodicités proches de 100 000 ans, de 41 000 ans, 23 000 ans et 19 000 ans qui renvoient à celles observées pour les différents paramètres orbitaux de la Terre : l'excentricité, l'obliquité et la précession des équinoxes.

La corrélation entre les variations des paramètres astronomiques de l'orbite terrestre et les données sédimentaires a récemment permis de recalibrer l'échelle de temps du Néogène en ramenant l’âge de…

Pour que la recherche spatiale française reste une référence

Premier constat de Jean-Loup Puget : le bilan de la recherche spatiale en France est plutôt positif. « La création du CNES en 1961 était à l’époque l’une des premières agences spatiales dans les pays occidentaux et a été un moteur de la recherche spatiale » assure Jean-Loup Puget.

On distingue deux types de satellites : ceux destinés à des fins scientifiques de recherche et les autres dits opérationnels qui servent les différents agents économique et gouvernemental.

Très rapidement, l’observation de la Terre depuis l’espace prend une importance grandissante : les satellites opérationnels sont utilisés pour les télécommunications, la géolocalisation, les prévisions météorologiques…« Du coup, la quantité d’information reçue des satellites est de plus en plus grande, non seulement parce que les satellites scientifiques donnent énormément de données, mais aussi parce qu’un certain nombre de satellites opérationnels donnent aussi aux scientifiques un nombre d’information considérable » nous explique-t-il.
C’est d’ailleurs une des évolutions importantes de la recherche spatiale : les scientifiques traitent les informations des satellites scientifiques et opérationnels.

Dire que les satellites opérationnels révèlent uniquement des intérêts privés serait un mauvais raccourci. Un contre exemple, nous explique Jean-Loup Puget « le gouvernement finance aussi des satellites opérationnels pour surveiller les systèmes agricoles, comprendre les problèmes d’alimentation en eau et l’évolution du climat par exemple ». Tout ceci est pris en charge par l’enveloppe publique allouée à la recherche.
Mais le rapport soulève un problème de taille : qui finance ces projets lorsqu’ils s’étalent sur plusieurs années ? « Tous…

Les débuts de la recherche spatiale française (1/2)

C’est en 1961 que le Centre national d’études spatiales voit le jour, en pleine guerre froide. De Gaulle pense alors que la France a un rôle un jouer dans le domaine spatial, un monde écartelé entre les Etats-Unis et l’URSS.
Il créé la SEREB, Société d’études à recherche d’engin balistique, pour mettre au point les fusées et lancer en orbite des engins de 50 kilos. Son objectif à court terme est de lancer un petit satellite qui s’appellera Diamant. Le programme est accompagné d’un bureau d’études : le CNES qui voit le jour en mars 1962. « J’en ai été le premier directeur technique et scientifique. Il ya avait tout à faire ! On ne savait pas ce qu’était un satellite et la manière dont ça marchait. On a créé une compétence à l’intérieur du CNES mais a été mis aussi sur pied une industrie spatiale française et européenne. La première chose que nous avons décidé, c’est que nous ne serions pas un bureau d’étude mais une agence. Cela étendait notre domaine d’action : la fabrication des satellites mais aussi les stations de poursuite, le calcul d’orbite et la création d’une tutelle de communauté scientifique » raconte Jacques Blamont.

Dès le départ, la France a deux atouts : l’existence d’un champ de tir au Sahara avec une base de lancement à Hammaguir en Algérie. « C’est là que nous avons lancé nos premiers satellites Diamant. La SEREB était chargée de la mise au point du lanceur, le CNES se concentrait…

Le CNES et ses principaux résultats scientifiques (2/2)

La géodésie spatiale fait partie des premiers résultats scientifiques marquants du CNES avec les satellites Diamant.
« La géodésie spatiale permet d’étudier la forme du globe terrestre au moyen de mesures à très hautes précisions des trajectoires des satellites. Nous avons été les premiers (au CNES) à obtenir ses trajectoires au moyen de faisceaux lasers ». L’aventure se poursuit dans les années 1970 par la mesure de la distance entre la Terre et la Lune (384 400 km) grâce à une coopération franco-soviétique. Puis un autre système, appelé DORIS est mis sur pied. Il permet de mesurer l’altitude des satellites avec là encore une précision de l’ordre du centimètre, mais différemment des satellites Diamant. Aujourd’hui, « la géodésie spatiale est utilisée pour étudier la distribution des masses dans le globe terrestre et l’existence de masses d’eau souterraines » précise Jacques Blamont.
Deuxième aspect du CNES : la collecte de données.
En 1971, sont lancées les premières collectes de données par satellite, en collaboration avec la Nasa.« Ces données peuvent être émises à partir d’un animal avec émetteur par exemple. Cela est intéressant pour la zoologie, mais aussi pour mesurer le niveau d’eau dans les lacs et les rivières. Il s’est étendu au domaine du sauvetage avec les fameuses balises Argos, du nom du programme du CNES. Ces balises sont placées à bord de tous les bateaux de plaisance et ont permis de sauver près de 25000 vies ».
Le CNES a joué également un…

La naissance du système solaire

Cette émission est une retransmission du colloque sur la formation du système solaire, qui s'est déroulé en février 2007 à l'Académie des sciences.

L'origine des radioactivités éteintes dans les météorites

Marc Chaussidon, centre de recherches pétrographiques et géochimiques, CNRS, Vandœuvre-lès-Nancy.

Les idées communément admises depuis une trentaine d'années sur l'origine des radioactivités éteintes dans le système solaire jeune sont remises en question par les découvertes récentes concernant le 7Be, le 10Be et le 60Fe. Depuis la découverte de la présence dans les composants primitifs et réfractaires (inclusions riches en calcium et aluminium ou CAIs) des chondrites carbonées d'anomalies isotopiques ne pouvant s'expliquer que par la décroissance in situ d'isotopes radioactifs à courte période (par exemple 26Al qui se désintègre en 26Mg avec une demi-vie de 0,73 Ma), le lien a été couramment fait entre la formation du système solaire et l'explosion d'une étoile en fin de vie qui aurait produit ce 26Al.


Les travaux les plus récents montrent que si la présence de plusieurs radioactivités éteintes de demi-vies variées, de 53 jours pour le 7Be à 3,7 Ma pour le 53Mn, est bien établie, ces éléments radioactifs peuvent avoir une origine interne au système solaire. La présence des radioactivités éteintes démontre bien la grande rapidité avec laquelle les premiers solides ont été produits dans le disque d'accrétion, mais les implications plus fines en termes de chronologie restent encore très ouvertes.



L'irradiation du disque d'accrétion par le soleil jeune

Matthieu Gounelle, Muséum national d’histoire naturelle, Paris.

Certaines des radioactivités éteintes présentes…

Plaidoyer pour une éducation scientifique en France

Si la science et ses applications technologiques deviennent tous les jours de plus en plus précises, performantes -pour notre plus grand plaisir-, nous sommes parallèlement de moins en moins nombreux à comprendre le fonctionnement même de ses outils. La science se spécialise et sa compréhension semble aujourd’hui réservée à une mince partie du public. Si aujourd’hui des peurs demeurent quant aux progrès de la science, c’est en partie parce qu’elle reste méconnue d’une grande part de la population.
Pourtant, la science n’a pas toujours eu pas cette image de « sélection » comme le rappelle Pierre Léna. « Après la Révolution française, la science a joué un rôle d’ascenseur social. Gaspard Monge pensait que la création des grandes écoles scientifiques ouverte à tous sans distinction sociale, comme Polytechnique, effacerait les privilèges de la naissance. Mais aujourd’hui, de manière générale, on s’aperçoit que notre système scolaire trie deux catégories d’élèves : les bons et très bons élèves en mathématiques qui représentent un tiers de la population scolaire à 15 ans, et de l’autre côté 40% qui sont en difficultés et rejetés ». De ce fait, les sciences n’ont pas contribué à donner une égalité sociale.
Sans pour autant faire de chaque Français un spécialiste des sciences de la vie et des sciences dures, scientifiques et responsables des programmes scolaires sont convaincus de l’importance de maîtriser quelques clés, comme le raisonnement et la démarche scientifique. « C’est ce que nous faisons à la Cité des sciences et au Palais de découverte »…