header
Tout savoir sur la version mobile de canal academie

- Le programme de la semaine du 16/09/2019 -

La grande aventure de la psychologie, de Psyché à nos jours

Étendre la justice du roi, construire l’État

Le « siècle de saint Louis » est celui du déploiement nouveau d’une justice royale hiérarchisée et professionnelle. Plusieurs réformes successives permettent aux sujets du royaume d’avoir accès à la justice. L’appel judiciaire au parlement royal se systématise contre les jugements de justices concurrentes et scelle la supériorité de la justice royale, que l’on commence à qualifier de « souveraineté ». Les recours sont alors portés, pour une large part, contre le roi lui-même et ceux de ses agents qui commettent des exactions, mais également par les hommes contre leurs seigneurs laïcs ou ecclésiastiques. La justice royale apparaît de manière croissante comme un régulateur des relations féodales. Étendant son influence, elle participe à l’instauration d’un État de droit.

La 1ère médaille de la commission des Antiquités de la France, a été décernée en 2019 à Pierre-Anne Forcadet, maître de conférences en histoire du droit à l’université d’Orléans, sur approbation de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, pour son ouvrage Conquestus fuit domino regi. Le recours au roi d’après les arrêts du Parlement de Paris (1223-1285), paru chez De Boccard en 2018.



Pour aller plus loin
Présentation du livre par l’éditeur : http://www.deboccard.com/fr/category/15564-Produit-9782701804453.html

Je t’aime, de Paul Éluard

Voyage extraordinaire au centre du cerveau

Jean-Didier Vincent dédie son premier chapitre à l'anatomie du cerveau, et nous dépeint les lieux avec force précision. Les habitants de ce royaume, neurones et cellules gliales, semblent obéir à une organisation bien précise : "les neurones se parlent grâce à la multitude de leurs contacts synaptiques qui (...) se font et se défont, s'ouvrent et se ferment en fonction des signaux électriques et chimiques qui les animent: une population innombrable et changeante, grouillante d'un va-et-vient et d'un remodelage incessants"; "les cellules gliales occupent les espaces entre les neurones et forment un ensemble compact avec des espaces intercellulaires de quelques dizaines de nanomètres".
Une mécanique complexe que l'auteur nous aide à décrypter.

Mais comme tous les pays, le cerveau connaît des saisons variées. C'est, d'ailleurs, le cerveau qui régule la température corporelle et l'impose à l'organisme, une température stabilisée chez l'homme entre 36 et 38° C. Le saviez-vous : "la progestérone modifie également le point de consigne du thermostat avec une élévation de l'ordre de 0,5° C. Pour cette raison, la température centrale augmente légèrement pendant la seconde moitié du cycle ovarien". En outre, lorsque la fièvre monte chez l'homme, cela provient d'un dérèglement hormonal. On parle de dérèglement du thermostat hypothalamique. Ce sont les globules blancs qui libèrent des substances pyrogènes, celle-ci générant ensuite la secrétion de prostaglandine. La solution : ingérer de l'aspirine, car elle bloque la secrétion de cette hormone, et par suite, empêche la température de monter!

Le voyage à travers le cerveau n'est ainsi qu'une…

La psychologie cognitive et le rapport sience/politique pour mieux comprendre l'homme. Colloque Regard sur l'homme contemporain

« Regard sur l’homme contemporain à travers la science, la morale et la politique », est un colloque organisé en trois cessions par Bérénice Tournafond, et sous la direction scientifique d' Edgardo Carosella, François Gros, et François Terré.
Au cours de ses nombreuses conférences, médecins, philosophes et juristes comptent mettre en commun leurs connaissances pour répondre à l'une des questions phare de cette thématique : Comment améliorer une société où se développe perte de lien social, manque de confiance et malaise sur le plan politique, économique et social ?

Le 7 juin 2010 avait lieu le premier volet « Regard sur l'homme contemporain à travers la science ». Canal Académie vous en propose la retransmission en deux parties.
Dans cette deuxième partie, retrouvez les interventions d'Olivier Houdé et Laurent Degos .
Dans la première partie , écoutez François Gros et Edgardo Carosella.


La nouvelle psychologie scientifique du développement de l’enfant

Par Olivier Houdé, Professeur de psychologie du développement à l’Université René Descartes (Paris-5)


Comment à partir du patrimoine génétique, chaque individu va-t-il reconstruire une architecture cognitive, une intelligence qui se trouve être une adaptation ?
Comme l’explique Olivier Houdé, « La maturation cérébrale ne se fait pas que pendant l’enfance. Une IRM réalisée régulièrement sur le développement de l’enfant nous montre plusieurs courbes décalées. Le cerveau connaît un calendrier de l’évolution jusqu’à l’adolescence ».

Le cerveau, aussi complexe soit-il, est programmé pour apprendre. Le bébé par exemple, imite naturellement les adultes qui sont face à lui. Il…

Le cerveau : l'inconscient, le conscient et la créativité

Après une rencontre en 2006 sur le thème de la Mémoire et ses dysfonctionnements, l'AFIRNe - Association franco-israélienne pour la recherche en neurosciences - avait choisi cette année d'arrêter son curseur sur un vaste sujet : "le cerveau: l'inconscient, le conscient et la créativité".



L'AFIRNe a été fondée en 2003 par Jean-Claude Picard, qui en est l'actuel président. La volonté initiale était de montrer qu'une coopération entre neuroscientifiques français et israéliens pouvait exister, alors qu'une tentative de boycott européenne des universités israéliennes avait fait grand bruit. Cette collaboration scientifique demeure essentielle et est affirmée par l'AFIRNe comme un réel vecteur de paix.

A l'aune de cette journée de débats au Palais de la Bourse, Jean-Claude Picard le rappelle: "On sait aujourd'hui que notre inconscient est riche, qu'il contient d'innombrables processus, représentations mentales abstraites, qui coexistent avec nos pensées et nos représentations conscientes".

Si les neurosciences et les recherches sur le conscient et l'inconscient avancent tant, c'est surtout grâce aux progrès fulgurants au niveau des techniques d'imagerie médicale (l'IRM notamment), dans leur capacité à cibler une petite partie de notre cerveau et à donner des mesures dans un temps de plus en plus rapide. Le progrès tient aussi aux tests psychocognitifs permettant de déclencher chez les patients des processus inconscients...

Encore une fois, l'importance grandissante des mathématiques et de la physique dans la recherche en neurosciences est ici soulignée, la plupart des neuroscientifiques actuels ayant une formation initiale dans l'un de ces domaines.

Jean-Pierre Changeux, consacré président de séance pour la…

Le cerveau fin stratège

Cerveau droit, cerveau gauche

Aux côtés de Nathalie Ray, étudiante en neuro-biologie à l'ENS, le professeur Israël nous rappelle ce qu'est la découverte magistrale de ces dernières années : celle de l'asymétrie cérébrale : cerveau gauche, cerveau droit et toutes les applications qu'elle peut entraîner dans la vie de chacun d'entre nous, et notamment dans l'acquisition, le développement et la transmission de connaissances - phénomène capital dans le devenir de l'humanité.


En savoir plus sur:

- Lucien Israël
- Le cerveau (Cité des sciences et de l'industrie à Paris)

Canal Académie partenaire de Psychologies Magazine.

"Subconscience et cerveau", une conférence d’Yves Agid, membre de l’Académie des sciences


SUBCONSCIENCE ET CERVEAU



I – La subconscience, pourquoi ?



Lorsque je conduis ma voiture place de la Concorde, à 6 heures de l’après-midi, comment se fait-il que je ne heurte pas les autres voitures, que je n’écrase pas mes concitoyens ? Pourtant, alors que ma pensée est ailleurs, je tourne mon volant comme il faut, je freine à temps, je débraye de manière efficace … C’est curieux, ces mouvements, je ne me rends pas compte que je les fais. Je n’y prête pas attention. C’est comme s’ils se faisaient tout seuls. Je les fais de manière automatique, comme s’il y avait une intelligence tacite qui fasse que je m’adapte à l’environnement. Ils n’ont rien de particulier, ces mouvements, sauf qu’ils sont appris, surappris même. Dans cette situation, « je ne pense pas que je fais (« que je perçois », ou « que je pense »), mais je fais (ou je perçois, ou je pense) de manière automatique ». Je le fais de manière subconsciente.



Pourtant, ce comportement, je peux le modifier à ma guise. Il suffit que je le décide. Ma pensée peut se désengager pour imaginer une situation nouvelle ou m’adapter à l’environnement qui change. Cette fois, « je ne pense pas que je fais, mais je fais de façon non-automatique ». C’est ce qu’on peut appeler la préconscience. Que mon comportement soit automatique ou non, je peux maintenant avoir une pensée sur ce comportement. Je peux me dire « tiens, je suis en train de conduire sans…

L’intérêt d’apprendre des langues anciennes selon Stanislas Dehaene

« Stanislas Dehaene fait autorité dans sa discipline » . La citation est d’Oliver Sachs, célèbre neurologue auteur de L’homme qui prenait sa femme pour un chapeauEcoutez notre émission p_.
Avec Stanislas Dehaene, tout semble simple et évident. Il vous explique avec une facilité déconcertante les mécanismes qui s’opèrent dans votre cerveau lorsque vous lisez un texte ou que vous effectuez une opération. Passionné par l’étude du cerveau dès ses premières années d’études, notre invité s’était initialement penché sur les sciences dures en entrant à l’ENS dans la section mathématiques et en poursuivant par un master de mathématiques appliquées et de sciences informatiques. La raison est simple : « Je pensais que l’intelligence artificielle serait utile pour mieux comprendre les mécanismes du cerveau » raconte-t-il. « Mais pendant mon séjour à l’ENS, je suis passé des mathématiques à la psychologie, et j’ai touché du doigt les neurosciences à la rencontre de Jean-Pierre Changeux Jean-Pierre Changeux est membre de l’Académie des sciences
, professeur honoraire au Collège de France. Il est mondialement connu pour avoir mis à jour les récepteurs de l’acétylcholine. Ces récepteurs expliquent la dépendance à la nicotinep_ ».

A l’époque, la psychologie et la neuroscience ne cohabitent pas facilement. « La psychologie était très fonctionnaliste à ce moment là. Elle espérait ne pas avoir à se pencher sur le cerveau, résoudre le problème du traitement de l’information de manière purement algorithmique. Aujourd’hui on est totalement revenu de cette idée…

Les sciences cognitives au-delà des fantasmes

Yves Agid : la neurochirurgie pour traiter Parkinson, TOC et dépressions...

Yves Agid a longtemps hésité entre la carrière de neurologue et celle de psychiatre : « J’ai toujours voulu faire de la recherche parce que mon père était dans ce domaine. La deuxième chose qui m’intéressait était de comprendre le cerveau, lui qui coordonne et dirige l’ensemble de notre corps, qui est responsable de toutes nos fonctions intellectuelles, émotionnelles et motrices. » C’est ainsi qu’Yves Agid se consacre au système nerveux en devenant neurologue.
Mais si aujourd’hui il devait recommencer, il choisirait certainement la voie de la psychiatrie : « On fait a fait tellement de progrès dans le domaine qui m’intéresse que c’est le moment de commencer à comprendre enfin comment les maladies psychiatriques donnent des tableaux épouvantables comme la schizophrénie, les grandes dépressions, l’autisme, les toc… »

Car le domaine d’Yves Agid, c’est la jonction entre ces deux disciplines. Il devient d’ailleurs en 1973 le dernier neuropsychiatre même s’il concède qu’il est devenu essentiellement neurologue.

Mais notre académicien allie deux qualités : celle de médecin et de chercheur, « indispensable » selon lui. Il a toujours officié à l’hôpital de la Salpêtrière comme neurologue avant de mettre sa carrière de médecin entre parenthèse pour se consacrer à la recherche : « Mes deux grands patrons Paul Castaigne et François Lhermitte ne m’ont rien dit mais je savais qu’ils me soutenaient dans cette démarche ». C’est ainsi qu’il quitte l’hôpital dans les années 1970 pour aller se former en recherche, pendant 5 ans,…

Le rêve sert-il à reprogrammer les caractéristiques génétiques du cerveau ?

S’il y a une question que philosophes et scientifiques se posent depuis l’Antiquité, c’est de savoir à quoi sert le rêve. « C’est une question à laquelle nous n’avons pas de réponse, juste des hypothèses » explique Claude Debru.
Précisons que c’est Michel Jouvet (de l'Académie des sciences) qui a découvert en 1958 le sommeil paradoxal à la suite de différents travaux américains. Cette phase de sommeil a été qualifiée de « paradoxal » pour la raison suivante : le cerveau est très actif pendant cette phase de sommeil mais on observe un relâchement total du corps, une inhibition motrice.

« Ce que Michel Jouvet a mis en évidence, c’est que le sommeil paradoxal était très important dans la maturation cérébrale chez les nouveau-nés. De même, dans le règne animal, il a été observé que le sommeil correspondait aux phases de régulation thermique. C’est ainsi que dans les années 1970, Michel Jouvet a émis l’hypothèse suivante : le sommeil paradoxal servirait à la reprogrammation des caractéristiques génétiques du cerveau » résume Claude Debru.
Il est vrai que le sommeil paradoxal est très développé chez le nouveau-né, il correspondrait à la maturation cérébrale ; un processus qui continue tout au long de la vie, mais en diminuant de la même manière que le sommeil paradoxal diminue avec le temps.

On a longtemps cru que le sommeil paradoxal était indispensable à l’équilibre psychique. Une équipe américaine a donc observé des animaux et des hommes privés de sommeil paradoxal pour…

Stanislas Dehaene, neuropsychologue et académicien : de nouveaux outils pour apprendre à lire

La lecture est une invention qui nous permet d’accéder aux ères du langage dans notre cerveau par le biais de la vision. Quelque chose qui n’avait pas été anticipé par l’évolution. Il est probable que l’évolution de l’homme a permis de mettre en place un circuit pour le langage parlé.

Comme le rappelle en début d’émission Stanislas Dehaene, le langage écrit est une invention culturelle assez récente dans l’histoire de l’homme. « Nous avons créé des systèmes de symboles, des lettres, qui permettent à notre système visuel de reconnaitre la combinatoire de ces objets et d’accéder par ce biais à la prononciation des mots tout d’abord, puis à leur sens ».
Et pour reconnaître ces assemblages de lettres, nous faisons appel à une région bien précise de notre cerveau, que l’académicien a appelé « la boîte aux lettres du cerveau ». Notre cerveau, par le biais de l’apprentissage, va petit à petit accéder à une représentation des phonèmes qui n’a rien d’évident au départ. « Apprendre à lire, c’est à la fois mettre en place ce code visuel mais aussi les connexions de ce code vers le langage parlé. Les enfants comprennent bien ce que sont les syllabes. Mais ils ne savent pas ce que sont les phonèmes, c’est-à-dire la plus petite unité significative du langage parlé. Par exemple au départ, ils ne font pas la différence entre « Ba » et « Ga » ». De même, ils doivent apprendre que « Ba » « Bo » et « Be » ont des sons très voisins, dont la voyelle…

Cerveau, émotions et vie sociale (2/3)

Canal Académie vous propose la retransmission en trois parties du colloque Émotions et santé, émotions et société organisé à l'Institut de France en novembre 2011.
Retrouvez dans ce deuxième volet la communication de Pierre Buser sur le cerveau émetteur et lecteur de messages sociaux.

Ecoutez également les deux autres intervenants :
- Jean Baechler, sociologue, philosophe et historien, membre de l'Académie des sciences morales et politiques:
- Yves Agid, neurologue membre de l'Académie des sciences :




Cerveau, émotions et vie sociale

Extraits de l'intervention de Pierre Buser, membre de l'Académie des sciences (à écouter en intégralité)

« Pour qui a vu se développer et évoluer les neurosciences, avec des perspectives un temps surtout centrées sur les mécanismes élémentaires, mais qui maintenant se préoccupent à nouveau des fonctions cérébrales les plus complexes, un étonnement surgit. Comment se trouve-t-il que le cerveau, si attentivement analysé à certains égards, soit si peu interrogé et impliqué lorsqu’il s’agit de comprendre les relations sociales ? Tout se passe si souvent comme si l’objet des observations était l’individu vu dans son isolement, subissant son environnement, réagissant à lui, agissant vers lui, mais sans que soient réellement prises en compte les interactions bilatérales et réciproques entre les interlocuteurs, individuels ou collectifs. Cet intérêt si relatif pour ce qui pourrait être vu comme une neuroscience des communications et des comportements sociaux est surprenante. Car nombreuses sont les situations d’interactions interindividuelles qui nécessairement impliquent des fonctions cérébrales souvent complexes, qu’il s’agisse…

La Beauté dans le cerveau : vers une “neuroscience de l’art”

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous écoutons une symphonie de Mozart, que nous contemplons une toile du Caravage ou une sculpture de Rodin ? Comment expliquer les vives émotions qui nous submergent, à l’instar de Stendhal qui, après avoir admiré les Sibylles de Volteranno dans la basilique Santa Croce de Florence, « marchait avec la crainte de tomber » ? C’est à ces questions et à bien d’autres que répond le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux dans un livre fruit de plusieurs décennies de travail : La Beauté dans le cerveau. Ouvrage de scientifique autant que d’amateur et de collectionneur d’art, il lève le voile sur la relation singulière des êtres humains à la beauté et ébauche le programme d’une future « neuroscience de l’art ». Que l’on se rassure toutefois : comme en témoigne la passion intacte de Jean-Pierre Changeux pour la peinture, ce progrès des connaissances n’enlèvera rien à l’émotion que nous procure l’art, bien au contraire !

Le cerveau expliqué à mon petit-fils

“Le cerveau est probablement l’objet le plus complexe de l’univers”, écrit Jean-Didier Vincent, professeur de physiologie à la faculté de médecine de l’université Paris XI et membre de l’Académie des sciences. Mais pour ce grand spécialiste du fonctionnement cérébral, à l’étude duquel il a consacré une grande partie de sa vie, ce n’est pas une raison pour ne pas partager sa passion. Dans Le cerveau expliqué à mon petit-fils (Editions du Seuil, 2016), comme dans l’entretien qu’il nous a accordé, ce grand scientifique a relevé le défi de nous présenter cet organe singulier avec des mots simples et des exemples concrets. Un pari réussi qui nous mène toutefois aux frontières de la philosophie et même de la métaphysique car, loin d’être seulement un super logiciel, le cerveau humain est aussi le lieu où s’élaborent le désir et le plaisir, la souffrance et la beauté…

L'élasticité du temps dans notre cerveau et en physique

Temps historique, temps cosmique, temps des sociétés humaines… Il existe plusieurs conceptions du temps selon qu’on soit philosophe, neurobiologiste ou physicien. C'est ainsi que commence l'ouvrage de Pierre Buser et Claude Debru, Temps, instant et durée, paru en 2011 aux éditions Odile Jacob.

« En tant que neurocognitiviste, la définition du temps est un problème. Il a plusieurs définitions possibles selon qu’on s’intéresse à l’instant où à la durée. Ce sont deux notions auxquelles Bergson était attaché et qui sont apparues assez vite dans l’histoire.
La différence est devenue plus complexe et radicale lorsque la physique s’est développée au XIXe-XXe siècle » explique Pierre Buser.
À cette époque, c’est Einstein, puis Langevin qui révolutionnent la conception du temps avec la mise en avant du phénomène de la dilatation et de la relativité générale.
Avec cette théorie, selon les référentiels, deux points peuvent être simultanés ou l’un avant l’autre ; autrement dit, la simultanéité n’est pas une valeur absolue. Einstein avait prévu que le temps et la durée changeraient avec la vitesse : plus un événement se déplace vite, plus le temps devient court.
Langevin décrivit ce phénomène à travers l’exemple des jumeaux : l’un reste sur Terre, l’autre prend une fusée. Après deux heures passées dans sa fusée, ce dernier revient sur Terre pour trouver son frère. Mais pendant les deux heures passées dans sa fusée, il s’est passé 200 ans sur Terre. Cette théorie a donné lieu à des disputes, notamment avec Bergson…

Singe toi-même ! Une défense de la singularité humaine.

L'essentiel avec... Jean Didier Vincent, membre de l'Académie des sciences

Jean Didier Vincent est membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie des sciences où il a été élu le 18 novembre 2003 dans la section biologie humaine et science médicale.
Interrogé sur le moment, à ses yeux, essentiel, de son itinéraire professionnel et de sa carrière, il répond :

JDV : "Il y a eu plusieurs rencontres. Je n’étais pas destiné à la médecine. J’ai été élevé dans un collège protestant et j’avais pour maître un ancien ambassadeur qui avait le malheur d’exercer ses fonctions pendant le gouvernement de Vichy et qui était un peu en exil. Il était protestant. Ce maitre, monsieur Morriz, qui avait sa propriété dans le voisinage, me destinait à Normale Supérieure. Mes parents ont eu des revers de fortune à ce moment-là et, très prudente, ma mère a décidé que je serais médecin. Car il apparaissait que les médecins n’avaient pas de possibilités de se ruiner comme cet homme terrible qu’elle avait épousé. Je n’ai pas pu la contrarier. Je me suis retrouvé en médecine et il se trouve que la neuropsychiatrie m’a permis de rencontrer un chercheur assez étrange, un penseur original, Jacques Faure. Et je me suis lancé dans la recherche alors que j’étais interne dans des services de clinique. J’ai exercé la profession de neuropsychiatre avec un plaisir de plus en plus important mais la recherche m’a permis d’échapper à la psychanalyse. C’est la première chose qu’il faut signaler".

JP : Quand vous-êtes vous dit pour la première fois que…

L’enfant, l’adolescent, la famille et les écrans : appel à une vigilance raisonnée sur les technologies numériques