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- Le programme de la semaine du 15/04/2019 -

Une vie au service de la protohistoire

“La conduite des opérations militaires extérieures : une spécificité française en Europe ?”

Première soirée, d’Arthur Rimbaud

Le Néolithique, “seconde naissance de l’homme”

Il y a environ 10.000 ans, l’homme prenait un nouveau départ en modifiant radicalement sa façon de vivre. Il fonde alors les premiers villages, impose sa domination sur son environnement, invente l'agriculture et l'élevage. C’est à cette “seconde naissance de l’homme” que Jean Guilaine, professeur au Collège de France, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, a consacré un ouvrage (Éditions Odile Jacob), faisant le bilan des recherches et découvertes les plus récentes sur cette période. Preuve du formidable pourvoir d’évocation de la connaissance historique, en l’écoutant décrire la vie quotidienne, l’organisation sociale ou encore l’imaginaire de nos lointains ancêtres paysans, ces derniers nous apparaissent presque familiers.

L'abbé Breuil, le pape de la préhistoire

Il n’est certes pas le seul ecclésiastique à compter parmi les membres de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, mais il est sûrement le seul à avoir travaillé plus souvent dans les profondeurs des grottes que dans un bureau !

Grâce au jeune historien de la préhistoire, Arnaud Hurel, auteur d’un ouvrage publié au CNRS sur l’histoire de l’organisation des fouilles archéologiques préhistoriques en France, nous suivons le parcours de cet abbé hors normes.

L’abbé Breuil est né dans la Manche à Mortain, le 28 février 1877. Rapidement, il entra au séminaire mais il n’a jamais exercé de ministère paroissial. En 1905, il prépare sa thèse à la faculté des sciences de Fribourg où il devient d’ailleurs professeur à l’université, enseignant la préhistoire et l'ethnographie.

Parallèlement à sa carrière de chercheur, entre les années 20 et 60, il n'a d'ailleurs jamais abandonné l'enseignement, assurant des cours notamment à l’Institut de Paléontologie humaine, à l’Institut d’ethnographie de la Sorbonne, au Collège de France, puis à l’Université de Bordeaux, de Lisbonne, et même de Johannesbourg.

En 1929, est créée pour lui la première chaire de préhistoire au Collège de France. Il assura ses cours jusqu'en 1947.

Il appartenait à de très nombreuses sociétés savantes, française et étrangères (anglaise, espagnole, écossaise, belge). Et à de très nombreuses académies. Il était docteur honoris causa des universités de Cambridge, Oxford, Edimbourg, Capetown, Libsonne.


Ses publications sont innombrables. Elles témoignent de ses multiples recherches.
Il a opéré des fouilles et faisait en dessins le relevé de cet…

Les dix hauts lieux de la préhistoire (1/3)

Fejej en Ethiopie, berceau de l’humanité

La région de Fejej dans le bassin de l’Omo-Turkana est une région que le professeur de Lumley connaît bien, puisqu’il dirige les fouilles sur place depuis 1992. Ce site vieux de deux millions d’années a vu naître les premiers fabricants d’outils.
Plus de 2 500 outils taillés ont été retrouvés, particulièrement bien conservés, essentiellement en quartz, matière première issue de l’environnement immédiat du site. Ces outils sont très souvent directement associés à des restes d’animaux fossiles.
Ce lieu d’activité de l’homo habilis est consacré à la préparation de nourriture carnée où des carcasses rapportées pour être dépouillées et désarticulées.
Quatre restes d’hominidés, constitués de trois restes dentaires attribués à Homo habilis et d’un fragment d’humérus attribués à Paranthropus boisei, sont également connus à Fejej.
A partir de 2002, au cours des missions de prospection organisées sur le terrain, dans la région de Fejej, de nombreuses localités ont été découvertes. Parmi celles-ci, trois localités ont livré des restes d’hominidés archaïques, attribués à Australopithecus anamensis, associés à des faunes permettant de proposer un âge compris entre 4,2 et 5 millions d’années.
Les restes humains se rapportant à Australopithecus anamensis découverts à Fejej apportent par conséquent des données inédites sur l’évolution humaine et en particulier sur :
- l’âge des Australopithecus anamensis,
- l’évolution des Australopithèques,
- la morphologie du squelette crânien des Australopithecus anamenis. Les recherches menées dans la région de Fejej se situent par conséquent à la pointe des recherches internationales concernant l’origine de l’humanité.…

Les dix hauts lieux de la préhistoire (2/3)

Après une première émission les fouilles archéologiques en Ethiopie, en Géorgie, et en Espagne, nous arrivons en France, dans la grotte du Vallonet. L'homme y est apparu il y a 1,05 million d'années.

À l'entrée de la petite grotte du Vallonet, des Homo erectus, taillent des outils primitifs. Ils rapportent des carcasses de cerfs, de bovidés, de chevaux, de sangliers, de rhinocéros, d'éléphants.
Les Hommes se disputent alors la grotte du Vallonet habitée par de grands carnivores tels que des ours, des loups, des hyènes, des lions, des guépards et des panthères.
C'est ainsi que l'homme a livré des outils de pierre taillée vieux d'un demi-million d'années, comptant parmi les plus anciens témoignages d'une industrie humaine en Europe.



Pour respecter la chronologie, nous faisons un détour par la Chine, où l'homme de Yunxian y vécut il y a 936 000 ans.

La découverte

En 1995, sur une berge de la rivière Han, deux crânes remarquablement conservés d’Homo erectus sont découverts, avec autour, toute une industrie lithique baptisée « Culture de l’homme de Yunxian ». Coup de tonnerre dans le ciel des paléontologues ! Bon nombre de théories jusqu’alors admises sur l’origine de l’homme sont bouleversées : l’homme de Yunxian fabriquait des bifaces 200 000 avant ses congénères d’Europe.

Des Homo erectus, dont deux crânes ont été mis au jour, porteurs d’une industrie archaïque contenant déjà quelques bifaces, venaient y récupérer des quartiers de viande et fracturer des ossements pour consommer de la moelle, dans cet immense charnier…

Les dix hauts lieux de la préhistoire, avec le professeur Henry de Lumley (3/3)

Après une première émission sur les fouilles archéologiques en Ethiopie, en Géorgie, et en Espagne, et une seconde sur Yunxian en Chine, le Vallonet et Tautavel en France, nous restons en France du côté de Nice, sur le site de Terra Amata.

L'homme y a domestiqué le feu il y a 400 000 ans.
Le site archéologique de Terra Amata est un site de plein-air, découvert lors de travaux de terrassement en 1966. L'équipe qui menait les fouilles était conduite par Henry de Lumley.

Les paléontologues ont dénombré plusieurs sols d’habitats superposés datant de 380 000 ans. Ainsi répartis, les vestiges archéologiques et les éléments naturels traduiraient la présence de huttes aménagées sur la plage.
Du côté de l’industrie lithique on retrouve de nombreux galets taillés, quelques bifaces dits « pics de Terra Amata », des racloirs et des denticulés.


Toujours près de Nice se trouve également la grotte du Lazaret.
Cette grotte a pour spécificité d'avoir conservé des vestiges d'aménagement de l'espace intérieur, il y a 150 000 ans.

La grotte du Lazaret est fouillée depuis près de 30 ans par les équipes du professeur Henry de Lumley.
La grotte semble avoir été occupée tantôt par la faune animale, tantôt par l'homme. Quelque onze restes humains ont été découverts, notamment un pariétal droit d'enfant (anté)néandertalien daté de - 160 000 ans. Parmi les restes, des dents dont certaines d'entre elles sont des dents déciduales tombées naturellement, indiquant que des enfants de bas âge…

L'émergence de la conscience à la préhistoire, avec Henry de Lumley

C’est en s’interrogeant sur les grandes étapes de l’évolution morphologique et culturelle de l’homme que le célèbre paléontologue Henry de Lumley a donné une série de conférences au Collège des Bernardins à la fin de l’année 2010, confrontant à ces questions le regard de physiciens, astronomes, biologistes, paléontologues, philosophes et théologiens. Un livre paru chez CNRS Éditions, L’Univers, la vie, l’homme, Émergence de la conscienceSous la direction d'Henry de Lumley, 2012 cosigné par de nombreux académiciensYves Coppens, Stanislas Dehaene, Jean Kovalesky, Pierre Léna, Ghislain de Marsily, Yves Quéré, dont Henry de Lumley fait également partie.

Pour Henry de Lumley, il est indispensable d’envisager l'évolution de l"homme dans un continuum avec aux origines, la naissance de la planète Terre. Une planète jeune de 4,5 milliards d’années, avec des océans apparus après le refroidissement en surface de 100°C, il y a 4 milliards d’années.
« En moins de 200 millions d’années apparaissent les premières cellules vivantes, sans noyau qu'on appelle procaryotes. Elles se reproduisent en se coupant en deux. Ce n’est que vers 1,5 milliard d’années que nous sommes passés aux eucaryotes, cellules avec noyaux qui se reproduisent sexuellement » explique Henry de Lumley au cours de cette émission.
Petit à petit, les formes se complexifient, les cellules eucaryotes se regroupent et forment des métazoaires, organismes composés de plusieurs cellules.

« Vers 600 millions d’années, c’est l’explosion cambrienne. Des formes d'invertébrés apparaissent, beaucoup plus complexes, avec des antennes, des cils. Se mettent en place des…

« Les armes du Néolithique et de l’Age du bronze européens »

Journées d’étude « Guerre et technique » (1ère partie : Les armes)

Communication de Jean Guilaine, professeur au Collège de France et membre l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, prononcée le 14 octobre 2016 lors des journées d’étude « Guerre et technique » organisées dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société » soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

La genèse de la guerre par Jean Guilaine

Le 17 et 19 janvier 2013, grâce au soutien de La Fondation Simone et Cino Del Duca, abritée au sein de l’Institut de France, une vingtaine de participants se sont réunis autour du thème spécifique « Guerre et politique », le premier volet d’une démarche scientifique interdisciplinaire qui durera trois ans.
Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission de la communication de Jean Guilaine, professeur au Collège de France et directeur à l’École des Hautes Études en sciences sociales.

- Jean Guilaine sur le site de l'Académie des inscriptions et belles-lettres




Le point de vue comparatiste est la règle de ce colloque incluant toute l’aventure humaine. Il prend corps au sein d'une série de colloques dans le cadre général de la problématique "Guerre et société". Ainsi seront abordés los de prochains colloques les thématiques de « la guerre et la religion », « la guerre et l’art », « la guerre et l’économie »... Autant de déclinaisons, de manière à construire l’objet « guerre » comme un objet scientifique dans toutes ses dimensions, comme le souhaite l’initiateur de ce colloque, Jean Baechler de l’Académie des sciences morales et politiques au sein de la section sociologie.
« Guerre et politique » est donc le premier colloque international de cette aventure intellectuelle.

L’Académie des sciences morales se penche depuis sa création sur de grandes enquêtes sociologiques depuis le XXe siècle. Aujourd’hui, elle reçoit une subvention pour mener à bien ce type de mission. En 2007, elle publiait le fruit…

Origines de l’Homme, origines d’un homme

Autour de Lucy : nos connaissances sur les traces de nos origines

Lorsque Yves Coppens poursuit ses recherches au bord du fleuve Omo en Éthiopie en 1967, les fouilleurs sont trois parties prenantes : une partie britannique, une autre américaine et enfin une française. « Nous nous sommes divisé le terrain comme en concessions » explique le paléontologue. « Rapidement, les Britanniques sont partis au Kenya et comme les Américains ne trouvaient rien sur leur bout de terrain, nous avons séparé ma concession en deux ; Clark Howel dans le Nord et moi dans le Sud ».
Deux ans plus tard, en 1969, le jeune paléontologue Maurice Taieb vient voir Yves Coppens au Muséum à Paris. Il lui rapporte une magnifique dent d’éléphant retrouvée au bord du fleuve Awash, datant de 2 à 3 millions d'années. Un an plus tard, il revient de nouveau avec un deuxième lot de fossiles retrouvés cette fois-ci à Gawani, toujours en Éthiopie ; des restes de cochons, d'antilopes, d'éléphants, datant eux aussi de 2 à 3 millions d’années. C'est une certitude, il y a une piste à explorer.
C'est ainsi que Maurice Taieb monte en 1972 une expédition internationale appelée l’IARE, Internationale Afar Research Expédition, avec quatre fondateurs : Maurice Taieb, Yves Coppens, et les deux américains Donald Johanson et Jon Kalb.

« Il était important pour Maurice Taieb de travailler main dans la main avec les chercheurs étrangers. Il ne voulait plus de concessions ».
C'est ainsi que Lucy, du nom de la célèbre chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds écoutée en…

Georges Cuvier, le naturaliste mal aimé... père de la paléontologie

Georges Cuvier est le précurseur de la paléontologie et de l’anatomie comparée au siècle des Lumières. Il créé également la géo-histoire, concept qui utilise les fossiles pour tracer l’histoire des étapes de la vie passée sur terre. « Georges Cuvier a changé profondément la perception que l’homme a de la nature qui l’entoure, ainsi que le regard qu’il porte sur l’histoire de la planète sur laquelle il vit » écrit Philippe Taquet. Et il poursuit au cours de l’émission : « Balzac par exemple a écrit sa "Comédie humaine" en utilisant la méthode Cuvier de l'anatomie comparée. Mais aussi Littré, le grand homme du dictionnaire, écrivit que le sanscrit a révélé des mondes inconnus de l’Asie et que de la même manière, Cuvier a révélé un monde d’animaux disparus ».
Pourtant, de par son caractère et ses prises de positions radicales, Georges Cuvier était tout à la fois admiré et détesté. Balzac lui-même finira par s’opposer violemment au naturaliste suite à une querelle entre les évolutionnistes (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire) et les fixistes (Georges Cuvier)Georges Cuvier refusait de voir le monde évoluer. Selon lui co-habitait des plans fixes de l’anatomie des animaux très distincts les uns des autres alors qu'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire voyait lui au contraire une unité du monde vivant.

Une enfance au pays de Montbéliard

A la naissance, l’enfant, ne porte pas le prénom « Georges » à l’état civil, mais « Jean Léopold Nicolas Frédéric ». Une curiosité…

La préhistoire en images, l'art pariétal et le thème de la main par Claudine Cohen

Claudine Cohen, enseigne à à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses travaux portent essentiellement sur l’épistémologie et l’histoire de la paléontologie, de la paléoanthropologie et de l’archéologie préhistorique, ainsi que sur les implications sociales et culturelles de ces savoirs scientifiques. Elle aborde la question de la preuve en paléontologie et en archéologie préhistorique, et plus largement, le problème du statut scientifique de ces disciplines.


La main humaine est célébrée par les philosophes et les écrivains comme par les artistes depuis bien longtemps de Montaigne à Paul Valéry et les historiens en histoire de l'art lui ont consacré de nombreuses études car elle occupe une position centrale dans les arts. Claudine Cohen nous présente les images de mains découvertes sur les parois ou les sols des grottes datant du moment où homo sapiens s'installe en Europe occidentale, il y a 40 000 ans. Elle explique les empreintes, les tracés digitaux sur les parois, puis les représentations artistiques de ses mains. Les tracés digitaux aboutiront à des dessins faits au doigt.

La main représentée est un thème permanent de l'art rupestre mondial, en Asie, en Amérique du sud en Australie. Ces figurations de mains négatives relèvent-elles de représentations symbolique ou de jeux enfantins ? Écoutez la communication de Claudine Cohen pour découvrir les techniques artistiques des hommes de la préhistoire, pour comprendre la chronologie de ce thème, pour connaître les différents styles de ses images analysés par les chercheurs.







Pour suivre cette communication « La symbolique des mains dans l’art…

La chasse à la Préhistoire




Au cours de cet entretien, coproduit par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans le cadre des 40 ans de cet établissement public, acteur clef du service public de la nature, le professeur de Lumley, ancien directeur du Muséum d'histoire naturelle nous propose de faire un bond dans l'histoire, de - 5,5 millions d'années où l'homme préhistorique "invente" le concept de la "main libérée" qui le distinguera pour toujours de ses cousins les grands singes, la découverte du "vertige métaphysique", il y a 300 000 ans, quand naît l'art pariétal dont la grotte de Lascaux reste l'emblème...

Découvrez le quotidien de l'homo erectus, petit homme d'1,60 mètre, au front fuyant, un bourrelet au-dessus des orbites, des pommettes saillantes et la mâchoire avancée et pénétrez dans le quotidien de ces chasseurs nomades qui traquaient aussi bien le bouquetin et le cerf que le lapin...


Le texte ci-dessus n'est qu'une invitation à écouter l'interview du Pr de Lumley pour profiter des explications, des anecdotes, des précisions détaillées qu'il offre à nos auditeurs, jeunes et moins jeunes, tous passionnés par la préhistoire.






- Cette émission est coproduite par Canal Académie et l'ONCFS à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Etablissement public.

- Visitez le site de l'ONCFS

- Écoutez le premier CD enregistré par les sonneurs de l’ONCFS :

Particularité culturelle française indiscutable, la trompe de chasse bénéficie d’une image prestigieuse qui dépasse les seules frontières cynégétiques et rayonne à travers l’ensemble du…

Les « migrations » des hommes préhistoriques





Les hominidés se répartissent en deux genres : le genre Australopithecus (étymologiquement " singes du Sud ") et le genre Homo.
Les australopithèques " anciens " sont vieux de plus de 3 millions d’années (comme Lucy) ; les australopithèques graciles qui ont vécu entre 3 et 1,2 million d’années (plus grands que leurs prédécesseurs et au cerveau de 500 cm3). Ils ont vécu aux côtés des autres australopithèques et des premiers hommes ; enfin, les australopithèques robustes (Australopithecus robustus) qui se sont développés etre 2,5 et 1 million d’années.

Le genre Homo est un primate bipède capable d’exprimer une pensée (et notamment fabriquer des outils). Parmi eux, Homo habilis, Homo erectus, Homo sapiens neanderthalensis et Homo sapiens sapiens.



Le dernier hominidé découvert s'appelle Toumaï. Son crâne a été trouvé en 2001 au Tchad. Il a conduit à une définition d’une nouvelle espèce : Sahelanthropus tchadensis

Puis, les australopithèques firent leur apparition : les plus connus sont Lucy, ossements découverts en 1974 par Yves Coppens, et Abel (mâchoir découverte en 1995).

Il faut attendre les premiers homo erectus pour voir les hommidés se déplacer. Il ne s'agit pas à proprement parler de "migrations", mais plutôt de se détacher des groupes existants, pour assurer leur subistance. On estime en moyenne qu'entre deux générations, 60 kilomètres les séparent d'un point A à un point B.
Au fur et à mesure des millénaires, les hominidés sont passés d'un continent à un autre !

L'ère quaternaire, ou se succède plusieurs vagues de grand froid, favorise…

Philippe Taquet, sur la piste des dinosaures !

Philippe Taquet raconte ses découvertes paléontologiques faites tout au long de sa carrière et nous invite ainsi à différents voyages au Niger, au Maroc, au Portugal, au Laos...
Titulaire de la chaire de paléontologie du Museum national d'histoire naturelle et grand spécialiste des dinosaures, Philippe Taquet a étudié depuis trente ans la coévolution entre les plantes et certains dinosaures.
Il a été élu académicien le 14 juin 2005 après avoir été correspondant de l'Institut pendant 15 ans.

Sa carrière
D'abord chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de 1965 à 1981, Philippe Taquet a effectué de nombreuses missions dans différents pays du monde : Niger, Maroc, Madagascar, Patagonie, Brésil, Thaïlande, Chine. Directeur du laboratoire de paléontologie depuis 1981 et Directeur du Museum national d'histoire naturelle de 1985 à 1990, il a également été Directeur de l'unité associée n°12 du CNRS (1981) et Inspecteur général des musées d'histoire naturelle de province (1984)
Philippe Taquet dirige la revue Annales de paléontologie depuis 1981.

Ses travaux
Philippe Taquet a rédigé de nombreux documents sur la systématique descriptive, la phylogénie, l'évolution adaptative dans le temps et dans l'espace des dinosaures.
Il a aussi dirigé les études de reconstitution grandeur nature d'espèces animales préhistoriques exposées aux parcs zoologiques de Saint-Vrain, de Vincennes, du Jardin des plantes.

Ses œuvres
- Philippe Taquet, L'Empreinte des dinosaures, carnets de piste d'un chercheur d'os, éditions Odile Jacob (1994).
- Philippe Taquet, Dinosaur Impressions. Postcards from a paleontologist, éditions Cambridge University Press (1998).
- Philippe Taquet, Georges Cuvier…

Les premiers hommes préhistoriques en Europe

C'est dans les années 1990 que les biologistes moléculaires ont estimé que la divergence entre les hommes et les grands singes dataient de 6 millions d’années. Beaucoup d'hommes fossiles de cette époque ont été trouvés en l’Afrique de l’est. Ils apparaissent en Ethiopie 500 000 ans plus tard, dans la moyenne vallée de l’Awash. C'est ici qu'ils commencèrent à marcher debout. Ils mesuraient alors 80 cm.


Il faut attendre 4 millions d’années pour que subistent cette fois de nombreux crânes et squelettes d’hommes et de femmes. Le squelette le plus connu d'entre eux s'appelle Lucy (découvert par l'académicien des sciences Yves Coppens ), australopithecus afarensis, estimé à 3,1 millions d’années.


Ces australopithèques, bipèdes, ne le sont pas encore totalement. Les empreintes de pied prouvent qu’ils croisaient les jambes comme les mannequins ! Leur capacité crânienne est de 450 cm3 (elle est de 1500 cm3 pour l'homme moderne). Ils ne fabriquent pas d'outils, et l’étude anatomique de leur crâne prouve qu'ils ne disposaient pas de langage articulé.

Homo habilis (l’homme habile), premier hominidé, date de 2,5 millions d’années. Sa voûte plantaire est la preuve qu'il marchait le dos droit. Les caractéristiques anatomiques de son crâne montrent qu’il avait la possibilité d’avoir un langage articulé.
Ils ont fabriqué les premiers outils tels que :
- Le chopper, hache tranchante. il sert désarticuler les membres et à casser les os pour manger la moelle.
- Le nucléus à éclats, blocs de galets de 2 cm de côté. Il est…

« La religion des hommes de la Préhistoire »

Dans son intervention, Yves Coppens a montré que de très nombreux indices - rôle sans doute sacré du feu, pratique de la musique et de la danse, traitement des morts, peintures rupestres réalisées de façon organisée dans de « véritables sanctuaires »…. - donnaient à penser que l’homme de la Préhistoire connaissait ce qu’il convient d’appeler une religion, « système régulateur qui n’est rien d’autre que la mise en forme de la spiritualité », une spiritualité née avec la conscience (« L’animal sait, mais l’homme sait qu’il sait ») et non exempte de l’angoisse que suscite la prise de conscience de la mort.

L'homme de Yunxian : études paléontologiques de deux crânes en Chine

Le site de l'homme de Yunxian, dans la province du Hubei, en Chine centrale, daté de 936 000 ans, a livré dans des sables d'innondation déposés par des crues de la rivière Han sur une terrasse fluviale située à 50 m au-dessus de son lit actuel, une accumulation considérable d'ossements de grands mammifères, restés souvent en connexion anatomique, noyés et transportés par le courant, puis échoués au fond d'un méandre.
Des Homo erectus, dont deux crânes ont été mis au jour, porteurs d'une industrie archaïque contenant déjà quelques bifaces, venaient y récuperer des quartiers de viande et fracturer des ossements pour consommer de la moelle, dans cet immense charnier naturel d'animaux noyés.



Écoutez Amélie Vialet, paléontologue. Son travail a consisté à reconstituer des crânes, initialement très déformés, dans le cadre de sa thèse de doctorat qui portait sur l'évolution des squelettes faciales des premiers hominidés connus en Asie et en Europe. Son intervention est suivie de celle de Marie-Antoinette de Lumley, spécialiste de la paléon-anthropologie. Cette conférence introfuit la publication du livre Le site de l’homme de Yunxian, sous la direction d'Henry de Lumley, aux éditions du CNRS.
Fruit d'une longue collaboration entre les chercheurs français et chinois, intense depuis 1999, cet ouvrage compile les résultats exaustifs des fouilles et analyses menées sur le site de Yunxian au caractère pluridisciplinaire et innovant.




En savoir plus :
- L'Institut de paléontologie humain, IPH
- Site du CNRS éditions

Ecoutez également sur Canal Académie :

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Les dinosaures Bambiraptor et SuperCroc racontés par Philippe Taquet, de l'Académie des sciences !

Comme l'explique Philippe Taquet, « les dinosaures sont un excellent moyen d’aborder des questions plus générales, c'est-à-dire la naissance, l’évolution et l’extinction des espèces, les durées des temps géologiques et le sort de la vie sur Terre ». C'est aussi l'objectif de la nouvelle exposition du Muséum national d'histoire naturelle, consacrée aux dinosaures et aux mammifères qui vécurent à leurs côtés.

Philippe Taquet nous raconte dans cette émission l'histoire de plusieurs dinosaures visibles dans l'exposition.
Nous vous invitons à découvrir l'histoire des mammifères qui vécurent à leurs côtés dans l'émission , en compagnie d'Anne-Camille Bouillé.


A la fin du crétacé, entre 75 et 65 millions d’années, le climat est tropical chaud. La Terre est peuplée de formes de vie très diversifiées et le climat favorise l’extension des grands reptiles.


Bambiraptor, un dinosaure pas si gentil qu'il en a l'air !

Parmi les dinosaures qui vivent au crétacé, il y a « Bambiraptor ». Ne vous fiez pas à ce nom à demi angélique ! Bambiraptor, petit dinosaure, saute sur le dos de ses victimes pour les dépecer. Carnivore, rapide, agressif, il s’apparente à un guépard. Sa particularité ? Bambiraptor est un dinosaure à plumes !
Les plumes sont une découverte relativement récente chez les dinosaures. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils sont considérés comme les ancêtres des oiseaux. On a découvert que l'écaille du reptile pouvait se fragmenter en filament très fin pour donner des plumes.

Mais chez Bambiraptor, ses plumes ne lui servent pas à…